Danser jusqu'à en perdre la saveur

Texte : Emile Grollier

Photos : Celia Gamez

L'Europa Danse Company, dirigée par Laurent Drousie, réunit une quinzaine de danseurs venus de toute l'Europe et leur offre une première expérience professionnalisante.

Au croisement du sport et de l’art, la danse brouille les genres. Dans une quête d’excellence, l’engagement est à tous les niveaux entre horaires à rallonge et blessures minimisées. Certains danseurs se jettent à corps perdu dans leur pratique. Le rêve d’enfant se transforme alors parfois en une illusion perdue.

Corps alignés, silhouettes droites, regards concentrés, la sueur perle, glisse, disparaît dans le haut noir des danseurs. Des battements de jambes, secs, fendent l’air. À la barre, les torses pivotent, les bras s’ouvrent, se déploient, sculptent l’espace. Jubilante, férocement parfaite, la danse classique réclame l’excellence à chaque seconde. L’exercice consume, mais la danse se poursuit : brute, exigeante, vorace. Le junior ballet de l’Europa Danse Company (entre 18 et 23 ans) est en pleine répétition du Lac des Cygnes. Certains membres ne sont pas présents. Blessés.

La cause est en grande partie psychologique : « chaque début d’année, les deux-trois premiers mois, il y a encore beaucoup de stress », déclare Laurent Drousie, chorégraphe et directeur de la compagnie. À chaque enchaînement, le corps se tend, se crispe et parfois lâche sous la pression. Le moindre faux mouvement peut se payer cher. L’exigence, et la rigueur imposées créent un trop-plein, trop dur à contenir pour de jeunes gens triés sur le volet après auditions, qui misent leur avenir dans cette formation. Dans cet univers ultra-concurrentiel, se faire une place passe par une attitude irréprochable. « Si tu n’as pas le bon comportement, tu n’auras jamais de boulot parce qu’il y en aura 20 devant toi qui seront dans le bon état d’esprit et qui auront donc plus de chances d'avoir le job » martèle Sidonie Fossé, chorégraphe à la tête d’un autre junior ballet bruxellois.

Ces formations à plusieurs milliers d’euros sont un tremplin, une ultime étape, avant de tenter de se faire une place dans le monde professionnel d’ici un à deux ans. En sortant, chaque élève vise une place dans une compagnie. Une carrière de danseur professionnel est courte ; la plupart s’arrêtent entre 30 et 40 ans. Dans le studio, toute minute d’entraînement compte.

« Chaque début d'année, les deux-trois premiers mois, il y a encore beaucoup de stress ».
Danseurs et danseuses en train de faire des arabesques, ( position de danse classique emblématique répétée quotidiennement à la barre où le corps apprend la rigueur, la maîtrise et la précision).

Les standards des chorégraphes sont placés très hauts. Sans vouloir reproduire l’enseignement archaïque, harassant de ses anciens professeurs de l’Opéra de Paris, le chorégraphe Laurent Drousie n’hésite pas à être strict, sévère avec eux. « Les parents (des élèves) pensent que je suis un tyran » mais d’après lui, le résultat en vaut la peine. « Ils voient leur enfant sur scène après une si petite période avec nous, et ils font : ‘mais c'est impressionnant’ ».

Un rêve emporté

Le Europa Danse Company basé à Molenbeek, le premier ballet junior bruxellois.

Au milieu de cette troupe hétérogène dirigée par Laurent Drousie, accueillant des danseurs internationaux venus aussi bien de la péninsule ibérique que d’Israël, un danseur s’entraîne avec précaution, seulement 1 heure par jour. Au fond du studio molenbeekois, Marius Mathieu se remet doucement de deux blessures. L’Europa Danse Company n’est qu’un passage éphémère, une remise en route pour ce danseur professionnel qui a découvert enfant le ballet classique, il y a bientôt une quinzaine d’années.

En arrière-fond, Laurent Drousie et son maître de ballet supervisent les répétitions de leur prochaine production : Le Lac des Cygnes.

Au sein de l’école Choreart, en 2011, à Uccle, Marius a 9 ans, son buste est droit, son regard fixe, rivé sur la glace tandis que les pointes de ses pieds se lèvent au rythme incessant du « 1,2 et 3 » lancé à l’autre bout de la salle par son professeur. Il a de l’énergie à revendre. Rapidement, on le « met au devant de la scène ». Les heures de cours s’enchaînent.

À 12 ans, un rêve naît devant la série documentaire Graines d’étoiles qui suit de jeunes danseurs de l’Opéra de Paris. Il se voit sur le parquet de Garnier. Alors, il passe des auditions et est pris dans une première école à Paris avant de rejoindre à Cannes un pôle supérieur de danse. Loin de sa famille, c’est un déchirement pour le jeune garçon : « j’en ai beaucoup pleuré ». Pourtant, comme beaucoup de danseurs, le déracinement est une étape obligée, l’opportunité se présente à l’étranger.

Après deux ans à Cannes, Marius s’engage à l’académie puis au Junior Ballet de l’Opéra national de Vienne. Cinq années au cœur de l’institution autrichienne, entre excellence et angoisse. Avant chaque audition pour intégrer les compagnies, la même peur le submerge : « je me sens très stressé, je ne peux pas manger, je me dis c'est maintenant ou jamais ». A Vienne, en tant que réserviste, il peut prendre une place au pied levé dans le corps de ballet, il se doit de tout connaître : le rythme, la gestuelle, chaque air de musique.

En 2019, toujours à Vienne, il décroche une prestigieuse distinction au Youth America Grand Prix dans la catégorie « contemporain ». Pour arriver à ses fins, il a poussé son corps à bout, 13 heures d’entraînement par jour sur 8 mois. Si physiquement il excelle, mentalement, il encaisse : « j’étais fatigué 24h sur 24 ». Avec ce prix en poche, il obtient quatre bourses, noue des contacts. Son avenir professionnel semble en bonne voie.

À Vienne et lors de ses débuts en République Tchèque, au ballet de Pilsen en 2023, malgré la cadence, son corps répond toujours présent. Marius enchaîne huit heures de travail quotidien réparti entre cours du matin, longues répétitions, retour le soir avec parfois un show prolongé jusqu’à 22h.

Dans cette quête d’élévation, la reconnaissance du public devient une nécessité absolue. «On a besoin d'être dans la lumière. On a besoin des applaudissements. C'est une insécurité totale (pour l’artiste) », déclare Laurent Drousie. Combler le désir du public s’accompagne de cette envie de perfection. Comment avoir la gestuelle idéale ? De quelle manière rendre un enchaînement le plus naturel possible ? Quand Marius Mathieu rentre chez lui, après une répétition, il se repasse chaque mouvement dans sa tête.

Marius Mathieu, danseur professionnel et secrétaire temporaire de Europa Danse Company, junior ballet.

Pour arriver à intégrer une compagnie, rien n’a été inné : « Je ne me vois pas comme un danseur qui a énormément de talent, mais j'ai beaucoup travaillé ». Ce dévouement se retranscrit dans chaque pan de sa vie : « Je ne bois pas. Ce n'est pas parce que je n'aime pas, mais parce que je le sens pendant trois jours et que j'aime être toujours au top de ce que je peux faire ». Entre vie professionnelle, vie amoureuse et vie sociale, Marius a souvent privilégié la première, délaissant le moindre plaisir de son quotidien. 150 dates par an, 3 spectacles à connaître en même temps, il ne compte plus les heures sur le parquet à répéter les enchaînements. Mais petit à petit, la mécanique bien huilée s’enraye, les spectacles perdent de leur superbe. « La qualité n’était pas celle que j'aimerais avoir » dit avec amertume le jeune homme. À danser jusqu’à en perdre haleine, sa danse s’essouffle. Le corps ploie soudainement.

En septembre 2024, à Pilsen, son épaule droite se luxe. Un simple étirement, et tout s’effondre. Dix semaines d’arrêt, des heures chez le kiné, et puis, il se relance dans les répétitions. La création du Requiem de Brahms se poursuivra avec lui. Malgré son épaule droite luxée, qui se déboîte une dizaine de fois, il continue, même quand « ça fait clac » sur scène, même quand le genou cède le même jour. Son chorégraphe : « pousse, pousse, pousse ». Marius challengé suit, accélère, surenchérit : « je me dis ‘moi aussi, je vais y aller à fond’ ». Pourtant, au fond, il le sait, son corps ne tiendra pas. « Je me suis dit, pour une fois qu’il y a une pièce que j'aime bien faire. Si je ne la fais pas maintenant, je ne sais pas si je vais pouvoir la faire ».

Arrivé à la fin de la saison, son corps crie stop. Lors d’une audition, ses muscles ne répondent plus à l’appel : « je me suis dit, merde, il y a des pas que je peux pas faire ». La course folle s’arrête brutalement. Sa carrière se met en pause. Le constat est sans appel ; Il n’a plus d’autre choix que de se faire opérer.

C’est une seconde déferlante qu’il encaisse : la phase des opérations. Une incision dans le temps. Dos au mur, il a occulté ses maux pendant 2 ans. Dès 2023, un an avant sa blessure à l’épaule, son genou le lance, flanche. « Le ménisque externe » opéré en juillet 2025 était le fruit de deux ans d’errance médicale, quatre chirurgiens, des radios où « ils ne voyaient rien », ce claquement bizarre « comme si ce n’était pas dans le bon sens ».

Rentré à Bruxelles pour se faire opérer, même en défiant les échéances, sa vie tourne au ralenti, au rythme dicté du docteur et du kiné. La rééducation est longue, progressive et douloureuse. La boule au ventre, Marius vit avec la peur de se reblesser à nouveau.

"J'ai super peur de me reblesser", témoigne Marius Mathieu.
« Il y a une grosse notion de tabou en danse, si t'es blessé mais que t'es sous contrat, tu vas peut-être pas le dire ».
Stéphane Fizaine, kiné.

Lors d’une blessure, à chaque étape de leur prise en charge, les danseurs manquent d’accompagnement médical. « J’ai encore beaucoup de danseurs qui viennent me voir et me disent ‘j’ai déjà fait 3 kinés, tu es mon dernier espoir’ », affirme Stéphane Fizaine, kinésithérapeute dans le Brabant wallon. Lui-même ex-danseur, il a créé un centre Respect Your Dancer spécialisé dans le suivi médical des pratiquants. Avec d’autres experts santé, leur rôle est d’aider les danseurs « à pouvoir récupérer, se renforcer spécifiquement, pour éviter les blessures et les douleurs ». En collaboration étroite avec les danseurs, le centre médical vise à établir un programme favorisant leur « autonomisation », soit leur capacité à comprendre leur corps à travers une gestion indépendante aussi bien sur la récupération que sur l’alimentation. De telles attentions sont indispensables pour tenir à long terme l’intensité physique de la discipline.

Tout au long de sa carrière, le danseur est confronté aux aléas du métier, susceptible de mettre sa carrière temporairement en suspens. Parmi eux, la blessure occupe une place centrale et récurrente. D’après une récente étude française du Centre national de danse, 90% des danseurs et danseuses professionnels en danse contemporaine, classique et modern-jazz ont connu au moins une blessure au cours de leur carrière. D’après le kiné, les blessures sont trop souvent minimisées, un déni renforcé par la précarité du métier : « il y a une grosse notion de tabou en danse, si t'es blessé mais que t'es sous contrat, tu vas peut-être pas le dire ».

Remise en question de la pratique

L'envers du décor d'une pratique où le corps est à la fois outil et terrain fragile.

Après de long mois d’arrêt, lorsque Marius Mathieu marche avec des béquilles, des questionnements en pagaille refont surface. « On se dit, moi, je suis quoi au final ? Parce que je danse, je danse, je danse. C'est super, mais ce n'est pas un peu creux, tout ça ? »

Même entouré de dizaines de danseurs, dans les compagnies à Vienne ou à Pilsen, Marius Mathieu s’est retrouvé souvent perdu, incompris. Lui qui est passé outre la fatigue, les blessures, les déceptions, a tout donné pour son art. Le mal-être était devenu un moteur de la création : « les très bons danseurs, ce sont des personnes qui ont vraiment des frustrations sur eux-mêmes » affirme le chorégraphe Laurent Drousie. Désormais, Marius Mathieu réalise toute l’absurdité de ce discours : « je crois que c'est une erreur de penser que la danse, c'est le sacrifice et point ». Contester des normes intériorisées dès le plus jeune âge prend du temps.

Le danseur a dû voir des experts de santé pour cela, aussi bien une psychologue qu’une psychiatre. « J’avais besoin de quelqu'un qui me disait les choses honnêtement, qui me disait ‘non, là, tu fais de la merde’». Un accompagnement médical providentiel pour le jeune homme. « Ça fait du bien d'avoir de l'aide parce qu'il y a une chose dans l'art, c'est qu'on est toujours tout seul. Dans la vie, je crois qu'au final, quand on a un problème, c'est quand même nous qui devons le gérer, même si on en parle aux autres ». Le rapport santé/travail prend aujourd’hui une place de plus en plus importante dans le milieu de la danse. La médecin du sport Marie Hechtermans l’observe chez ses patients danseurs : « chez les plus jeunes, il y a de plus en plus de discussions autour de la santé mentale et du fait qu'on essaie de la préserver. Pendant très longtemps, ça a été ‘marche ou crève’ ».

Marius Mathieu à la barre. Un entraînement mesuré, pour réapprendre à habiter son corps après ses blessures.
« J’ai l'impression que la danse fait tellement partie de ma vie que quand je dois parler d'autre chose, je ne sais rien ».
Hélène Dorland, étudiante en danse.

Hélène Dorland fait partie de cette nouvelle génération. En deuxième année d’un master de danse à l’Insas (Institut supérieur des arts), la jeune danseuse a déjà ressenti du « dégoût » pour sa pratique, envisageant même d’arrêter. À 3 ans, poussée par ses parents, elle fait ses premiers sur une piste de danse et ne la quittera plus. « J’ai l'impression que la danse fait tellement partie de ma vie que quand je dois parler d'autre chose, je ne sais rien », témoigne-t-elle. Après de longs passages à vide, en voyant notamment une psychologue, elle a appris à faire des pauses, a créé un « sas de décompression » autour de son sport. « J’ai compris que je travaillais avec mon corps, avant je ne l'avais pas compris ». Apprendre à dire stop, poser des limites, selon le kiné Stéphane Fizaine, la clé d’un rapport plus sain avec sa pratique : « à chaque fois qu’un danseur a des douleurs atroces, c'est le corps qui donne un signal d'alarme et il faut l'écouter ».

Dans la salle de danse à l'INSAS, Hélène Dorland prépare son projet de fin d'année.

Déconstruire des normes

Ces dernières années, certaines compagnies ont été épinglées dans la presse pour leur condition de travail particulièrement alarmantes. Le quotidien néerlandophone De Standaard en 2024 a révélé une enquête de la médiatrice du travail Aline Bauwens réalisée en 2022 mettant en cause la compagnie Rosas de la célèbre chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker. Tout en soulignant leur « fierté » de travailler avec une « icône », une vingtaine de membres de la compagnie ont dénoncé « la violence psychologique, le harcèlement moral et le management autoritaire » de la chorégraphe.

Les danseurs et danseuses de Europa Danse Company bénéficient de l'enseignement d'invités de renom comme cette professeure cubaine.

Loin d’être un cas isolé, cette affaire révèle les manquements voire les fautes graves de certaines institutions culturelles dans la gestion humaine des équipes. « On mystifie tous ces rapports de pouvoir qui sont dans un cadre de travail. On est toujours dans des mentalités de pour atteindre le beau, il faut se dépasser et ça permet à certains artistes d'avoir des actions problématiques » déclare Anna Muchin, artiste et membre de l’organisme Engagement Arts. Créée en 2017 à la suite de multiples cas d’abus, cette structure lutte contre le harcèlement sexiste et sexuel ainsi que contre les abus de pouvoir dans le milieu artistique. À différents niveaux, à travers notamment des ateliers, Engagement Arts offre des outils d’information pour sensibiliser les artistes. Pour Anna Muchin, l’objectif est de « réfléchir aux comportements transgressifs » à travers une redéfinition des « notions de consentement et de relations (de travail) » entre les artistes.

Benoît Nieto Duran : "En tant que chorégraphe je porte plusieurs casquettes : comptable, secrétaire, créateur, artiste..."
Le chorégraphe se détend le corps à l'aide d'une balle de baseball.

Conscients de la nécessité de faire évoluer leurs pratiques, certains chorégraphes prennent des mesures en ce sens. À la tête de sa compagnie Manima Dance Company, Benoît Nieto Duran, chorégraphe et danseur en contemporain plaide pour un rapport plus sain au travail. « J’essaie de créer un espace safe où on peut parler, être à l’écoute parce que j'ai travaillé pour des gens qui ne l'étaient pas du tout, et je sais ce que ça fait de se sentir un peu utilisé, exploité, et c'est quelque chose dont je n'ai pas envie, dans mon travail et ma compagnie ».

Dans son studio à Saint-Gilles, Sidonie Fossé reprend le Sacre du printemps de Maurice Béjart avec sa compagnie Junior Ballet Project.
« Le contemporain, c’est un langage qui me va mieux, si je veux exprimer tout un panel d'émotions »

Se libérer des carcans de la danse passe aussi par un changement de style. Glisser du classique au contemporain. Un choix salutaire pour Sidonie Fossé. Longtemps, la danseuse a fait partie de la compagnie néo-classique du célèbre chorégraphe franco-suisse Maurice Béjart. Mais, avec ses jambes en X, repliées sur elles-mêmes et son manque de souplesse, l’ancienne danseuse ne rentrait pas dans les codes esthétiques du classique. « Je ne faisais pas le poids, j'étais vite limitée face à des filles qui avaient déjà tout.» Alors, elle a décidé de s’extraire de cet univers en fondant sa propre compagnie. Avec son projet en cours le Junior Ballet Project, Sidonie Fossé devenue aujourd’hui chorégraphe, mêle un style fusion entre classique et contemporain. Un terrain artistique qui lui permet de « s'émanciper et de se développer en tant qu'artiste ».

Dans le sillage de Sidonie Fossé, Marius Mathieu souhaite également poursuivre vers le contemporain. Un pas de côté pour le jeune danseur de 23 ans. « C’est sortir de ma zone de confort, je sens que j'en ai besoin et que j'en ai envie ». En pleine rééducation, il doit encore patienter jusqu’à février pour être pleinement rétabli. Pour l’heure, sans son salaire de danseur depuis juillet, Marius jongle entre son poste temporaire de secrétaire de l’Europa Danse Company et des heures en horeca. Se construire une « sécurité financière » avant le saut dans le vide.

"Les extras dans un resto, ça me permet une sécurité financière", Marius Mathieu.

L’avenir dans le contemporain se dessine en freelance entre créations chorégraphiques et construction d’un réseau via les ateliers et résidences. « Il va falloir que je fasse beaucoup d'efforts, que je joue des coudes ». Tenter de se faire un nom dans ce nouvel espace de création : « le contemporain, c’est un langage qui me va mieux, si je veux exprimer tout un panel d'émotions » soutient-il. Creuser entre les lignes, délier la danse. Briser les chaînes du classique pour pouvoir enfin être libre de toutes contraintes. En d’autres termes : prendre son envol.