Pas besoin de tissus brevetés ni d’une gourde tendance pour pratiquer le yoga. Parfois, il suffit simplement d’un tapis et de bonnes instructions. Loin des images qui circulent sur les réseaux sociaux, cette pratique reste accessible et flexible. Elle ne se limite pas à des studios spécialisés : beaucoup choisissent aujourd’hui de dérouler leur tapis directement chez eux, dans le confort de leur salon.
Comme Marina qui pratique grâce à des vidéos sur YouTube : « Je regarde du contenu de gens d’Asie du Sud qui sont spécialisés », explique la jeune étudiante. Cette dernière a trouvé des chaînes qui offrent des séances de niveau débutant ou intermédiaire, plus adaptées à son rythme.
« J’ai commencé il y a 4 ans pour me libérer l’esprit. J’étais déprimé, je vivais dans un petit espace et me sentais enfermé» – Roméo
Son cas n’est pas isolé : d’autres étudiants ont aussi cette habitude. Certains pour commencer tout doucement, animés par la curiosité, d’autres pour trouver du réconfort. C’est notamment le cas de Roméo: « J’ai commencé il y a 4 ans pour me libérer l’esprit. J’étais déprimé, je vivais dans un petit espace et me sentais enfermé », raconte-t-il. Pour Lisa, une autre étudiante, la découverte du yoga s’est faite par hasard : « Quand j’étais plus jeune, la sœur de ma grand-mère m’a donné un livre qui s’appelle ‘Le yoga en un week-end’. Quand j’en eu un de libre, je l’ai utilisé, et depuis je pratique. »
Pour faire du yoga à la maison, il suffit d’utiliser des applications ou encore de regarder des vidéos. Sur YouTube, il en existe pour tous les goûts : des vidéos plus longues pour une séance complète, des courtes pour ceux qui manquent de temps, de différents niveaux pour s’adapter aux novices de la pratique, ou encore proposant d’approches différentes. « J’aime bien quand je trouve une vidéo proche des pratiques traditionnelles », confie Maria, une autre yogini.
La chaîne YogaCoaching met l’accent sur le côté ancestral de la discipline. Derrière cette chaîne qui comptabilise plus de 320 000 abonnés, il y a Ariane, une coach certifiée depuis plus d’une dizaine d’années. Elle propose une variété de vidéos de yoga à la maison pour se relaxer après le travail ou encore pour s’apaiser l’esprit. Des débutants aux seniors, tout le monde peut trouver ce qui lui convient.
https://www.youtube.com/shorts/On8-oynaWik?si=mASxAScp5DOGXp6N
Paloma et Marina pratiquent, elles aussi, le yoga. Elles ont commencé pendant le confinement par simple curiosité, comme tant d’autres durant cette période. Aujourd’hui, elles alternent entre leur salon, les jours où elles n’ont pas envie de sortir, et les locaux d’une organisation de yoga communautaire, pour retrouver d’autres passionné.es.
Un yoga humain et solidaire
L’aspect financier est un argument souvent soulevé dans les discussions. Niamh, qui pratique le yoga depuis plusieurs années, tient aussi compte de cette dimension : « J’aime les lieux où je peux être honnête vis-à-vis à ma situation sociale et économique », raconte-t-il.
Niamh a déjà testé des studios de yoga plus luxueux et ne s’y est pas senti à l’aise. Pour lui, ce genre de lieu pousse à la performance et au paraître. « Je préfère pratiquer quelque part où, si je fais mal une posture, je ne me sens pas jugé ou en décalage avec le groupe », poursuit-il. Ce qu’il apprécie, c’est de pouvoir dépenser plus ou moins selon sa situation du moment, tout en gardant la possibilité d’accéder aux séances. Et il n’est pas le seul, car des initiatives telles que le yoga communautaire voient le jour.
Ce réseau bruxellois de professeur.es de yoga bénévoles a été fondé par Alexandra Sebbag. L’objectif est d’offrir des cours accessibles aux personnes disposant de faibles revenus. L’approche est inclusive et permet, au prix minimal d’un euro, d’avoir accès à des cours.
« Je suis ici bénévolement. C’est un service à la communauté pour rendre le yoga plus accessible pour les personnes qui n’ont pas les moyens ou qui se sentent mal à l’aise dans les studios privés », raconte Viola, coach de yoga certifiée, qui enseigne aussi bien au yoga communautaire qu’en studio.
Grâce à cela, des personnes comme Lina ont pu poursuivre leur pratique, ou, comme d’autres, trouver un lieu pour sociabiliser. Certains apprécient cet aspect communautaire et inclusif. Viola, en plus d’être coach, travaille dans une ONG pour les droits des personnes LGBTQI: « Ça fait des années que je travaille pour les droits sociaux et de genre. C’est important que la pratique du yoga puisse s’aligner avec mes valeurs d’inclusion et d’équité. »