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Samuel Idmtal, un homme haut en couleur

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Samuel Idmtal, un homme haut en couleur

Samuel Idmtal, un homme haut en couleur

Publié le 09-03-2022 par , , et

Depuis plusieurs décennies, Bruxelles est un formidable terrain de jeu pour les street artistes. Qui sont-ils ? Pour en savoir un peu plus, on vous emmène sur les traces de « Sam ».

Bon nombre de raisons nous amènent à braver la pluie le matin à Bruxelles. Certains se rendent au travail et d’autres enfourchent leur vélo pour une petite balade. Parmi toutes ces errances du quotidien, il arrive parfois que l’on promène un regard rêveur sur des œuvres murales. Certaines d’entre elles nous parlent plus personnellement par leur message ou leur beauté. Si Bruxelles arbore souvent un ciel gris, elle brille toutefois par les couleurs d’un street art foisonnant. Que ce soit le long du Canal, sous le viaduc d’Anderlecht ou tout simplement au détour d’une rue, l’art urbain s’intègre au paysage. Pour mieux comprendre ce milieu, son histoire, ses acteurs et leurs engagements nous sommes partis à la découverte d’un street artist reconnu : Samuel Idmtal.

La ville comme terrain de jeu
Samuel Idmtal en pleine réflexion dans son atelier. ©Nahida Jabak
Dans une rue aux façades pastel à Saint-Gilles, un portail bleu ciel s’ouvre devant nous. Il mène à une cour extérieure tapissée de plantes grimpantes. Cet endroit en question, c’est l’atelier de Samuel Idmtal. Au milieu du chaos de ses pochoirs et sur le rythme d’une playlist reggae, ce dernier nous révèle sa relation particulière au street art.
Je ne fais pas du street art matin, midi et soir. Par contre, je suis habité par certains projets.

 

Vers douze ans, son beau-père l’initie à la photographie. L’adolescent est tout de suite captivé par cet univers de diapositives et de chambres noires. Ce sont ses deux passions, le graffiti et la photo, qui le conduisent  au pochoir. Aujourd’hui, à 40 ans, Samuel Idmtal est un street artiste qui travaille en collaboration avec des villes, des galeries d’art et des écoles. Depuis février, il peint une gigantesque fresque à Namur. « Je suis passé de 30 cm² à 300 m² en dix ans. C’est vraiment la technique que j’aime, que j’ai en moi ». Lorsqu’on lui demande si ce projet diffère de ses débuts dans le métier, il répond simplement que son terrain de jeu s’est agrandi.

Street artiste, mais aussi journaliste et enseignant

Pénétrer dans l‘atelier de Samuel Idmtal, c’est plonger dans un autre monde. Dès les premiers pas, on est pris dans un tourbillon de croquis, de toiles et d’outils en tout genre. Lorsqu’il nous reçoit au milieu de ce maelstrom, Samuel Idmtal apparaît haut en couleur. Au sens littéral : son pull à capuche, ses mains et son téléphone sont tachetés de peinture. Mais aussi au sens figuré, l’artiste présente une multitude de facettes. Diplômé en journalisme à l’ULB, il travaille pendant cinq ans à la rédaction du Soir. À son retour d’un reportage à New York, « Sam » participe à une exposition où il y dévoile son premier pochoir. Nous sommes en 2011, c’est le début de sa carrière artistique. Même si l’homme vit maintenant de son art, il anime également des ateliers journalistiques et des cours de techniques d’expression dans des écoles secondaires. Cette seconde vie d’enseignant lui permet de structurer ses journées car Samuel Idmtal est un artiste qui fuit la routine. Ce dernier vibre au rythme de ses projets et ne compte pas les heures. D’autant que lorsqu’il rentre chez lui, Samuel Idmtal doit encore s’occuper de sa famille. « Ce n’est vraiment pas évident puisque j’ai trois enfants. Il y a beaucoup de logistique, beaucoup d’activités. […] Donc quand tu as un projet à Namur, tu dois rentrer à une certaine heure pour conduire les enfants à la danse. C’est une grande organisation. »

Quarante-quatre ans de street art à Bruxelles

Selon Anthony Spiegeler, historien de l’art à l’Université libre de Bruxelles, le street art belge est influencé par les Etats-Unis. La pratique débute en 1978 à Bruxelles, suite à l’exposition de photographies de street art américain aux musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Dix ans après mai 68, les jeunes voient dans cet art un moyen d’expression qui leur appartient.

En 1983, les Etats-Unis continuent d’influencer le street art bruxellois grâce au galeriste Maurice Keitelman et ses voyages à New York. Il y rencontre Dolores qui, passionnée par la jeune génération d’artistes graffiti, crée l’exposition “Post graffiti”. L’objectif de cet événement est de faire passer l’art urbain des murs de la rue à ceux des musées. À l’époque, l’importance du tag se trouve dans le nombre : on veut en faire un maximum pour être présent partout. Cela finira par changer: aujourd’hui le leitmotiv pour la plupart, n’est plus de taguer un maximum mais de taguer à des endroits emblématiques. L’esthétique rentre, également, davantage en compte. En 1988, la première fresque apparaît à Bruxelles et est réalisée par les artistes Zone, Rage et Eros.

Dans les années 2000, le street art prend un nouveau tournant. Les réseaux sociaux permettent aux artistes de gagner en notoriété. Ces années marquent aussi l’arrivée du street art dans les galeries d’art bruxelloises. Le street artiste belge Denis Meyer symbolise bien cette époque. Après ses études à la Cambre, il peint les 50.000 m² de  l’ancien siège de Solvay.

Le street art a donc subi un changement de paradigme. Le travail qui était perçu comme issu des cultures urbaines, du monde du hip hop est aujourd’hui valorisé sur le marché de l’art et dans les galeries.

 

Se construire une identité artistique
Fresque de Sozy One au boulevard Poincaré à Bruxelles ©Nahida Jabak

Gare de Jette. À l’abri du soleil et reliant les différents quais, le souterrain continue de vous illuminer. Rose, orange et mauve, les murs colorés offrent un contraste avec le gris des marches en béton et le sol métallique. Captivantes et intrigantes, les personnages peints sur les cloisons vous racontent une histoire. Le temps d’un instant, les bruits ferroviaires cessent, un passage s’ouvre.

Le plus intéressant, c’est que l’œuvre évolue avec les gens qui traversent tous les jours le couloir.

 

Ce tunnel, c’est le deuxième atelier de Samuel Idmtal. En tout cas, pour le moment. Éphémère, cette fresque s’appelle Evolutive Exhibition. Le projet est né d’une collaboration entre artistes, apprentis et amateurs. L’œuvre mélange la sérigraphie et le collage de photos. Les murs arc-en-ciel sont surplombés par des graffitis de différents street artistes, rejoints par des citations taguées par les élèves de l’Institut de la Sainte-Famille d’Helmet. La fresque est évolutive, la réaction et l’action des passants participent au processus de création. Cette œuvre représente l’engagement artistique de Samuel qui souhaite embellir l’espace tout en invitant à la réflexion et la participation.

Un « peintre pochoiriste »

Bien qu’il ne souhaite pas mettre une étiquette sur son art, Samuel Idmtal utilise principalement le pochoir, aussi appelé le stencil graffiti. « pour moi l’intersection entre le graffiti et la photo ». L’image est imprimée et ensuite découpée couleur par couleur. Le support du pochoir peut être une feuille, un plastique, un carton, du métal ou du bois évidé. Chaque artiste a sa manière de le créer. Il existe cependant un impératif :  commencer par les couleurs claires, suivies des moyennes et finir par des nuances foncées. Certains street artistes conçoivent l’œuvre sur base de leurs dessins, d’autres n’en utilisent pas. Samuel Idmtal part quant à lui d’une photo, un moyen de mélanger rigueur et créativité. Découpage, assemblage et peinture, le triptyque de cette technique.

Dans le tunnel, la présence de Samuel Idmtal suscite curiosité et interrogations.

Vous avez le droit de faire ça ?

C’est une phrase que Samuel Idmtal entend souvent lorsqu’il travaille. Le street art n’est plus toujours assimilé à la vie nocturne. La ville de Bruxelles et d’autres communes engagent, ainsi, des graffeurs afin d’embellir les murs. La fresque de « Sam » à la gare de Jette et le projet Israel – Palestines ont été, par exemple, commandés par la commune.

Certains street artistes ne souhaitent pas collaborer avec les communes bruxelloises. C’est le cas de « Strange Bird ». Cet artiste anonyme réalise des œuvres qui mêlent la technique du pochoir et celle du moulage. Par exemple, pour représenter une personne bloquée dans un mur. L’artiste joue sur les effets visuels. L’objectif est que son œuvre soit perçue de loin comment une peinture, laissant découvrir un personnage 3D lorsqu’on s’en rapproche. « Strange Bird » ne demande pas l’autorisation pour exposer son art, même s’il a reçu plusieurs propositions de collaboration par Bruxelles. Seule exception : une œuvre réalisée en juillet 2021  à Tour&Taxis suite à la demande de l’Ecole de Cirque.

« Strange Bird », lui aussi, travaille exclusivement de jour et exerce à côté une autre profession rémunérée par choix personnel.

Dernière œuvre encore visible de « Strange Bird » à Tour&Taxis. ©Nahida Jabak

 

Graffitis, tags et fresques : quelles différences ?

Le street art est défini par Stéphanie Le Gallic, docteure en Histoire à l’Université de Bordeaux-Montaigne, comme « un mode d’expression qui se sert de la rue pour affirmer sa liberté. » Il s’agit donc d’un terme général qui englobe plusieurs techniques telles que le tag ou le graffiti.

Le tag est une signature répétée dont l’art n’est pas le premier objectif. Il est souvent perçu comme du vandalisme et de la dégradation de l’espace public. Pour Anthony Spiegeler, historien de l’art à l’Université libre de Bruxelles, le tag est l’art de l’urgence:  « Vous tapez votre nom partout, il y a des flics qui sont derrière et, en gros, vous risquez de vous faire prendre. Dans ce contexte, vous n’avez pas le temps de faire quelque chose d’extrêmement beau sur le plan esthétique. Le tag, d’ailleurs, en anglais c’est le fait de marquer sa présence. »

Dans son ouvrage « L’art ou la loi? Tags et graffs, entre institutions et générations, quand la ville crie, les tags et les graffs gueulent, griffent », Alain Vulbeau définit le graffiti comme « une fresque ou peinture murale comprenant des lettrages très travaillés au plan graphique et/ou des personnages, paysages… » Les personnes qui les réalisent sont appelées « écrivain » ou « graffeur ». Les graffitis sont liés à la culture du rap, du breakdance et du hip hop. Les tags et les graffitis prennent souvent la forme de dessins sur des parties de façades. Quand toute la façade est recouverte de peinture, on parle de « fresque ».

Street art et militantisme
Les piliers du ring d'Anderlecht couverts de fresques suite à l'initiative de l'ASBL Urbana ©Nahida Jabak

Street art rime souvent avec militantisme et activisme. C’est ce qu’expliquent les chercheurs Thomas Riffaud et Robin Recours dans leurs travaux. Ils parlent même d’ « artivisme », un mot-valise entre art et activisme. Les street artistes s’approprient la ville pour dénoncer des injustices. Par exemple, trois fresques féministes, « Moi, Elles, Nous », de Zouwi et Soaz ont été inaugurées au 65 boulevard du Midi à Bruxelles. Elles appellent les femmes à s’unir et changer la donne.

Cependant, tous les artistes ne sont pas engagés et ne cherchent pas nécessairement à changer le monde. « Strange Bird » ne délivre pas de message spécifique. Il préfère laisser libre cours à l’imagination de son public . Samuel Idmtal nuance également son activisme et ses intentions : « Selon les projets, ça dépend un petit peu. Tu as des projets où il n’y a pas forcément de message, tu as juste envie d’embellir le lieu. »

Un art avant tout participatif

Samuel Idmtal situe l’engagement de son art dans la collaboration de la population à ses œuvres. Il nomme cela des « fresques participatives ». En d’autres termes, il s’agit d’amener des non-artistes , comme les habitants du quartier ou les étudiants , à apporter leur pierre à l’édifice dans la création d’une œuvre. L’objectif est que le résultat final ravisse : « Je pars du principe que cela doit plaire aux gens qui vont la voir sur les murs, ça j’aime bien […] Donc, on a travaillé avec des enfants, mais aussi avec des seniors, des adultes pour inclure un maximum de gens dans nos fresques. »

 

 

En se rendant à « Evolutive Exhibition » à la gare de Jette, il est surprenant de voir le tunnel vide. Seul Samuel Idmtal est en train de graffer. Pas un seul élève à l’horizon pour lui donner un coup de main. Les élèves participeront prochainement au projet. L’enthousiasme ne manque pas. « C’est un projet concret, de la pédagogie, et ça, ils adorent. On découpe les pochoirs à l’école et on va les peindre à la gare. »

Sam poursuit sa fresque sous les yeux des passants qui ne peuvent s’empêcher de contempler l’œuvre. Les réactions varient. Certains lancent un regard furtif. D’autres prennent le temps de s’arrêter. Les plus prolixes n’hésitent pas à interagir avec l’artiste et on sent que c’est également ce qu’il cherche. « C’est pour cette raison que ça me prend deux mois pour terminer un projet. Je parle trop avec les gens », confie-t-il en  bombant son mur. Ce travail apporte du contact et de la jovialité. « Ca met du soleil dans la vie », s’exclame une passante avant de monter l’escalier vers la place Cardinal Mercier.

 

Exceptions à la règle

Si réaliser des œuvres militantes n’est pas sa principale motivation, certaines de ses fresques sont délibérément engagées. « First Steps in Good Hands » en est une. Depuis septembre 2021, une femme se dresse sur le mur d’une crèche à Schaerbeek. Elle regarde tendrement un enfant en lui couvrant les yeux d’un bandeau « LOVE ». « J’avais envie de m’engager vis-à-vis des puéricultrices qui avaient été fort invisibles au début de la crise sanitaire et de leur rendre hommage. »

Je trouve parfois que la réalisation de la fresque est plus intéressante que le rendu final

De l’engagement, il y en a aussi dans « Mixity Wall », son projet préféré. Dans le quartier de Forest-Est, le graffeur et son ami Orlando Kintero ont esquissé le portrait d’une jeune femme originaire d’Azerbaïdjan. « On voit une ville en noir et blanc qu’elle est en train de peindre et la couleur se crée progressivement derrière elle », décrit le Bruxellois. L’ambition est de lutter contre les préjugés envers les migrants.

 

Bonom, un artiste engagé

En 2005, des animaux s’emparent des murs de la ville de Bruxelles. Cela commence par un morse tagué sur un mur près du canal et puis rapidement d’autres animaux prennent place. C’est ainsi que, progressivement, Bonom devient une légende du street art bruxellois. Son objectif n’est pas la pérennité, parfois ses œuvres ne vivent que quelques heures. Il parcourt la ville et imagine quelle peinture pourrait combler le paysage. Il se laisse guider voire envahir  par ses rêves et son imaginaire. Les espaces vides, sans peinture sont comparés à des fantômes qui le hantent jusqu’à ce qu’il décide d’utiliser l’art pour les combattre. Un élément récurrent dans l’art de Bonom est la chute.

Ses œuvres sont souvent verticales, représentant des individus ou d’animaux. En 2010, Bonom est arrêté pour ses peintures illicites. Il se présente alors sous son vrai nom « Vincent Glowinski » et développe d’autres projets que le street art, la danse par exemple. Il décide d’en finir avec Bonom mais continue tout de même à peindre. Vers 2012, son travail prend un autre tournant. Ses œuvres deviennent plus horizontales et plus colorées. Trois œuvres représentant une figure humaine apparaissent alors. Tout d’abord, une femme qui se caresse. Adrien Grimmeau, dans « Bonom, le singe boiteux » (CFC éditions, 2014) affirme qu' »on aurait tort d’y voir une provocation de l’artiste. Pour Bonom, cette figure répond à son envie de toujours rendre à la ville une imagerie originelle dont elle aurait été dépossédée. » L’autre œuvre représente un homme nu devant la porte de Hal. Cela est un hommage à la Shoah. Le dernière œuvre est une représentation de Vincent Glowinski en peintre. Il est en train de dessiner nu et accroupi. Cela montre la liberté avec laquelle il peint. Les œuvres de Bonom sont donc une manière pour lui de se libérer des rêves qui l’envahissent mais aussi de représenter des mouvements tels que la chute et défendre des causes plus politiques.

Un art d'avenir ?
Fresque participative de Samuel Idmtal dans la cours de l'Institut de la Sainte-Famille d'Helmet. ©Nahida Jabak

Après ce parcours dans le street art bruxellois, une question se pose : quel est son avenir ? L’historien de l’art, Anthony Spiegeler, affirme que le street art et plus spécifiquement les street artistes prennent aujourd’hui deux directions opposées. D’un côté, il y a ceux que l’on pourrait nommer « puristes », ce sont les artistes qui continuent à pratiquer l’art urbain comme à son origine : masqués, la nuit, de manière anonyme, avec des revendications politiques… Ces artistes œuvrent par passion. Ils ne gagnent pas leur vie avec le street art. « Strange bird » est un bon exemple. De l’autre, il y a les street artistes qui sont parfois payés par les pouvoirs publics pour réaliser des fresques, ils agiront la plupart du temps à visage découvert et pourront vivre du street art comme Samuel Idmtal. Par exemple, pour son projet à la gare de Jette, la commune lui a demandé d’être curateur du parcours d’artistes. Evidemment, l’un n’empêche pas l’autre et il n’est pas surprenant de voir des street artistes taguer la nuit et travailler sur des projets plus officiels la journée. Parfois, ils prennent même deux blazes pour différencier ces pratiques.

« Le graffiti domine »

Dans une culture numérique, le tag tend à disparaitre. Evidemment, certaines personnes vont continuer à taguer mais elles représentent une minorité, selon Anthony Spiegeler : « Ce conflit entre tagueurs, pour celui qui mettra son nom au plus d’endroits de la ville, n’est plus présent aujourd’hui. Les réseaux sociaux rendent le tag moins important. Aujourd’hui c’est clairement le graffiti qui domine »

Le street art est désormais enseigné dans certaines écoles. Ainsi, Samuel apprend à ses élèves à utiliser le pochoir. Cela permet aux jeunes de participer et de s’intéresser à un art qui n’a pas toujours été démocratisé. Après avoir découpé les pochoirs, ils iront taguer les citations tous ensemble dans le tunnel à la gare de Jette. Samuel a également créé une grande fresque dans la cour de récréation de l’Institut de la Sainte Famille d’Helmet. Celle-ci a été pensée par les élèves et ils ont participé à sa création. Des stages d’été sont aussi organisés sur le thème du street art et du graffiti. A l’université, l’histoire du street art n’est pas présente dans tous les cours théoriques d’histoire de l’art. A l’ULB par exemple, l’enseignement de l’histoire de l’art s’arrête aux années 80. Le street art n’y est donc que très peu abordé. Par contre, dans les écoles d’art et principalement celles qui proposent des options de typographie, le street art est présent.

Une carrière cyclique

Samuel est actuellement dans une phase de sa carrière artistique assez confortable puisqu’il fonctionne principalement sur demande : « Je n’ai plus forcément besoin de démarcher. C’est très chouette mais paradoxalement, j’ai envie de proposer plus de murs et plus de choses », assure celui qui voit la vie en cycles. Il a été journaliste, il est maintenant street artiste, le troisième cycle sera peut être fait de sérigraphies. L’artiste prévoit une exposition en août dans laquelle il mélangera sérigraphie et graffiti. Autre projet : Samuel travaille actuellement avec un maître verrier du côté de Liège. Il l’aide à utiliser les pochoirs sur du verre, à travailler l’émail. Il reçoit également des demandes de l’étranger sans savoir de quoi sera fait la suite.

Une chose est sûre, il aimerait continuer à enseigner : « On peut vivre du street art, moi j’ai décidé de garder ces heures de cours car cela me structure. J’aime bien casser ma routine pour ne pas être tout le temps sur mon échafaudage ou dans mon atelier. J’aime le contact avec les jeunes aussi car je trouve qu’il y a un vrai échange. »

 

Et si vous en voulez plus…

Retrouvez ci-dessous notre sélection subjective d’œuvres du street art bruxellois. Les repères rouges représentent des œuvres de Samuel Idmtal et les mauves celles d’autres artistes. Bonne balade.

 

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