Portrait : Hugo Périlleux-Sanchez, entre bancs de l’unif et conseil communal

23-02-2017   Datajournalisme

 

Dans un milieu où la moyenne d’âge atteint les 55 ans, Hugo Périlleux-Sanchez s’est démarqué. Du haut de ses 25 ans, ce jeune écolo engagé jongle entre un master en géographie et un mandat de conseiller communal. Rencontre avec cet étudiant engagé en politique.

 

Hugo Périlleux-Sanchez s’est intéressé à la politique et à l’écologie bien avant l’université. Il a commencé à militer aux côtés de Greenpeace, pour les sans-papiers ou contre les logements vides. Approché par la suite par le parti écolo « comme ils le font avec beaucoup de jeunes, puisqu’ils en veulent dans leurs rangs », il finit 12e sur la liste. Il arrive même 4e en terme de voix de préférence aux élections communales de 2012 à Watermael-Boitsfort. Il est donc élu conseiller communal. Conseiller atypique, dans un cercle stéréotypé constitué de quinquagénaires chevronnés, lui est étudiant en sciences économiques et géographie et vit sa première expérience en politique (lien).

Un écologiste en herbe

Le jeune conseiller reconnaît qu’il n’est pas toujours facile de se faire entendre, dans un milieu où la plupart de ses collègues sont bien plus âgés que lui. Selon lui, ce n’est pas l’unique difficulté puisque les autres membres du conseil n’en sont généralement pas à leur premier mandat. « Certains d’entres eux ont même des expériences en tant qu’échevin » explique-t-il. Cependant, il reste conscient que « le fait d’être un homme a pu être une aide dans un milieu encore très masculin ».

« Quand je prends du temps pour militer, c’est un peu ma vie à côté des études et j’en suis heureux ! »

Il considère lui-même son parcours comme sortant de l’ordinaire. Il a d’abord commencé son mandat sous la bannière Ecolo. Par la suite, il s’est engagé avec les jeunes auprès de l’organisation Ecolo J ULB. L’aspect militant de la mouvance l’a attiré au-delà des frontières de Watermael-Boitsfort. Des vies politiques et estudiantines qui restent conciliables même s’il nous confie que ses « réunions se finissent souvent tard » et qu’il a « peu de temps pour les amis ». Ses combats sont entre autres un retour à une ville plus verte avec moins de panneaux publicitaires. Selon lui, le fait de ne pas renouveler le contrat avec l’entreprise d’affichage Clear Channel engendrerait « un manque à gagner de seulement 20.000 € sur un budget annuel de 50 millions ».

Watermael-Boitsfort : un terreau pour les Ecolos

C’est dans cette commune que le parti Ecolo a réalisé 22 % des suffrages aux dernières élections communales de 2012. Un des résultats les plus élevés pour le parti dans la région de Bruxelles-Capitale. Olivier Deleuze est d’ailleurs le premier bourgmestre écolo de la région. Rien que sur la culture, par exemple, « le centre culturel de la Ville défend les petites initiatives et les petits artistes » explique Hugo Périlleux-Sanchez. « Une vision bien différente de celle de centres privatisés comme celui d’Auderghem, qui donne la priorité aux artistes de renom » ajoute-t-il. Watermael-Boitsfort est en effet principalement peuplée par les classes aisées, éduquées, particulièrement sensibles aux problématiques écologiques. Un ensemble qui constitue une grande partie de l’électorat vert. Ce stéréotype est renforcé par les nombreuses initiatives de la Ville telles que des « donneries » ou des campagnes visant à réduire la consommation d’énergie.

Si le jeune conseiller se voit pour l’instant passer plus de temps dans les luttes externes au parti, il n’exclut pas que cela change dans l’avenir. Il fait du militantisme son cheval de bataille, puisqu’il espère voir venir un avenir plus vert et ne voit pas que par les élections.

 

Clément Tiberghien, Luca Bellucci, Charlotte Médot et Vianney Menu

Crédit photo : Clément Tiberghien

Ecole Universitaire de Journalisme de Bruxelles - ULB © 2020