Deliveroo : « de moins en moins humain » ou « flexible et bien rémunéré » ?

30-11-2017   Magazine

 

Samedi, 200 coursiers de Deliveroo manifestaient pour de meilleures conditions de travail. Deliveroo fera passer tous ses livreurs sous le statut d’indépendants en janvier 2018.

Deliveroo s’oriente vers une rémunération à la course, et se détache de Smart, coopérative qui permettait aux livreurs de travailler sous un régime de salariés. Les étudiants étaient une majorité à travailler sous ce régime, il est question ici d’une baisse salariale de 30 à 40 % pour les étudiants.

Hadrien* est étudiant et coursier pour Deliveroo depuis 1 an et demi. Il reconsidère son choix à présent. “Au début, travailler pour Deliveroo était rentable”, confie Hadrien. “On travaille quand on veut, on se connecte sur l’application et on part à vélo, c’est très flexible, et stable.  Mais je vais arrêter en janvier. Pendant l’hiver, on est moins motivés à faire l’effort, et avec le passage au statut d’indépendant, ce n’est plus avantageux.”

“C’est pas assez payé pour se tuer à la tâche ”
L’offre de Deliveroo attirait les jeunes par la flexibilité du travail, couplée avec un salaire garanti, payé à l’heure. Hadrien explique : “Ce qui était bien, c’est que c’était intense, mais tu rentabilisais en fin de compte. Le problème du statut d’indépendant, c’est que ça va entraîner du stress et une compétition entre coursiers. Et ne pas savoir combien on va gagner sur le mois, c’est dissuasif.”

 

Le patron de la FGTB Bruxelles, Philippe Van Muylder, parlait déjà en septembre d’une précarisation « à la Deliveroo », en augmentation à Bruxelles. En 2016, plus de 500 000 étudiants ont eu recours aux jobs étudiants en Belgique. Une augmentation de 13,7 % par rapport à 2012.

 

crédit photos : 123_456 et Ron Adams

*Le prénom a été modifié

Ecole Universitaire de Journalisme de Bruxelles - ULB © 2020