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Le Petit Lion : l’authenticité à l’épreuve de la gentrification

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Le Petit Lion : l’authenticité à l’épreuve de la gentrification

Le Petit Lion : l’authenticité à l’épreuve de la gentrification

Publié le 11-05-2022 par , et

En plein cœur des Marolles, le Petit Lion compte parmi les derniers estaminets typiques de Bruxelles. Il charme désormais une population plus jeune et plus branchée.

Le quartier des Marolles n’échappe pas aux dynamiques de gentrification qui touchent la plupart des grandes villes, ces dernières décennies. Toutefois, les Marolliens, connus pour leur ténacité, ne sont pas prêts d’abandonner leur quartier. Plongée dans l’univers du Petit Lion, estaminet authentique où les classes sociales se côtoient, et se mélangent, parfois.

La perle rare des Marolles
Louis, habitué du Petit Lion, boit une bière en terrasse. © Aline Leroy

Dix heures, Louis n’a pas besoin de commander. Le patron connaît les goûts de son habitué. Cigarette encore fumante dans le cendrier, la DH sur un coin de table, le Bruxellois vient tous les jours, ou presque, « parce que c’est convivial. Il y a des gens que je connais. Beaucoup de connaissances. Ça et une bonne bière, c’est tout ce qu’il me faut », explique-t-il entre deux gorgées.

Le Petit Lion, c’est un estaminet comme il y en a plus beaucoup, planté dans le quartier des Marolles, au cœur de Bruxelles. « Nostalgie » sur les ondes de 10 à 23 heures, on y chante Mylène Farmer ou Johnny Hallyday et on y demande de la bière avec « beaucoup de mousse ». Un habitué veut le faire savoir : « Ici, ce n’est pas pour les abstinents ou les snobs. » Un autre client abonde dans son sens. « Ici, c’est à l’ancienne, ça devient de plus en plus rare ». Et de fait, rien n’est numérique au Petit Lion, pas de Bancontact, l’addition se note sur quelques feuilles volantes, parfois un bloc-notes corné.

Un mur mi-brique mi-carrelage surplombe une longue rangée de tables et chaises en bois, tournées vers le comptoir. Il lui manque pas mal de dalles, à ce mur. Friterie dans les années 1920, les propriétaires de l’époque l’ont remise aux normes pour en faire un café tout en conservant les murs en l’état. Des murs à l’image de celles et ceux qui s’y adossent ce matin et qui racontent une histoire.

Les habitués du matin au Petit Lion. © Aline Leroy

Assis les uns à côtés des autres, ils se souviennent, « Tu te rappelles de Marie-Louise, elle était un peu folle. » C’est cela qu’on recherche, le matin, au Petit Lion. On y troque volontiers sa solitude contre la chaleur d’une bière bien fraîche et des copains, que l’on connaît « depuis toujours », souffle Steven. « Pour se sentir moins seule », Alfina, comédienne d’origine italienne, vient régulièrement, « trois fois par semaine… Mais je ne suis pas une habituée ! », précise-t-elle.

Derrière le comptoir, Cathy, 64 ans, resplendit. Elle sourit quand on lui fait remarquer. « C’est le boulot qui maintient en forme ! » Et le travail – ça la connaît. Cette Bruxelloise pure souche a d’abord travaillé en tant que serveuse au Petit Lion, qu’elle a racheté en 1986, à 28 ans. « On y allait déjà avec mes parents, quand j’étais petite. Je prenais un galopin, eux prenaient une petite pintje, bien-sûr. Mon père était parqueteur, ma mère femme d’ouvrage à la ville, donc c’était mérité, la petite pintje, le week-end. »

Cathy Isabeaux, ancienne propriétaire du Petit Lion. © Aline Leroy

Pensionnée depuis 2016, elle continue de tenir le bistro chaque mercredi et vendredi pour le plaisir de faire quelque chose avec celles et ceux qu’elle connaît depuis presque toujours. Elle se rappelle de ses débuts. « Avant, c’était vraiment un bar de quartier, avec des gens populaires, où il y avait de tout. Tout le monde se fréquentait : des employés du Palais de Justice, des gens du quartier, des personnes à la rue qui prenaient une petite bière. » L’interdiction de fumer dans les lieux fermés accessibles au public en 2009 et les décès des habitués ont constitué une première étape dans le renouvellement de la population du Petit Lion. De quoi rappeler une anecdote à Cathy.

 

 

Cette dernière évoque moins un réel processus de gentrification qu’un embourgeoisement de façade. « Depuis 10 ans, je dirais que c’est devenu plus chic sans être plus chic. Dans le temps, la rue Haute c’était beaucoup de beaux magasins de chaussures et de vêtements, des boulangeries, des boucheries. A la rue Blaes, c’était plutôt les rideaux. Maintenant, les brocantes ont apporté un autre style de clientèle. » S’ils contribuent à la bonne santé économique du quartier, Cathy ne s’emballe pas non plus, « c’est pas spécialement mieux, rien de tel que la simplicité, pour un bar de quartier ».

 

Que faut-il pour être marollien ? Sylvianna, Marollienne d’adoption. © Louise Canu

 

Pourtant, le Petit Lion rencontre depuis quelques années un franc succès auprès des jeunes, particulièrement les soirs et week-ends. Ils ont moins de trente ans, se définissent eux-mêmes comme « bobos » et viennent du quartier des Marolles, de Saint Gilles ou d’Ixelles. Un changement qui n’est peut-être pas sans lien avec le rachat de l’établissement en 2015 par trois amis, David, Julien et Raphaël.

« Il y a dix ans, c’était plutôt des personnes de plus de 60 ans, assez marquées par la vie. Il fallait absolument mettre la télévision, si c’était éteint, ça n’allait pas. Ils restaient un peu le soir, jusqu’à 21h. Nous, on préfère maintenant, plutôt que d’avoir une seule classe sociale, comme avant. On s’amuse de ces différences. Mais bon… On est quand même trois bobos qui tiennent le bazar, hein ! », s’exclame David, un des actuels patrons de l’estaminet. David fêtait déjà il y a vingt ans son anniversaire au Petit Lion, alors géré par Cathy. « J’étais client avant, j’étais très client ! »

Les grandes gueules du Petit Lion
Alfina, habituée du Petit Lion, se tricote une écharpe. © Aline Leroy

Stefan est un de ces visages hybrides du Petit Lion – « un peu bobo ». Son intégration dans l’établissement s’est néanmoins révélée chaotique. À contre-courant de l’ambiance parfois viriliste de l’établissement, Stefan se livre. « Tu avais des gens du quartier qui venaient, parfois, et ça terminait très mal. Ils étaient hyper violents quand ils avaient trop bu, maintenant on ne les accepte plus. À cette époque, tous les patrons se sont fait casser la gueule au moins une fois. C’est très choquant, quand tu vois un homme à terre se prendre des coups de pieds. »

Marollien d’adoption, il prend peu à peu ses marques grâce à sa pratique artistique. Expositions participatives, captations sonores, sa sensibilité se cristallise dans ce quartier protéiforme – qu’il voit évoluer d’un mauvais œil.

« Tu connais, ce truc, d’être bien dans un quartier, d’y avoir tes habitudes, ce que tu aimes faire. Ça devient de moins en moins possible. Ici, ce sont des résistants. Il n’y a plus de boulangerie dans le coin, plus de boucherie dans la rue. On sera de moins en moins des gens du quartier. » Et ce n’est pas Etienne Wattecamps qui dira le contraire, vers qui Stefan nous conduit.

 

Clients du Petit Lion. © Aline Leroy et Era Balaj

 

Sweat-shirt Peugeot sur le dos et béret vissé sur la tête, Étienne Wattecamps est le président du Parti politique indépendantiste des Marolles (PIM), dont l’objectif est de « se réunir pour lutter contre les offensives sur l’immobilier soutenue par les pouvoirs publics », explique-t-il, sérieux, avant d’évoquer le prix du houblon. « Notre seule revendication, c’est d’empêcher la hausse de l’augmentation de la bière au-dessus de deux euros. » Revendication légitime pour cet habitué du Petit Lion où le prix de la bière demeure moins élevé que les cafés et bars voisins. « Au moins on ne ment pas, parce que la bière n’augmente pas. Nous surveillons le patronat de près, ici. » Le PIM la joue stratégique et a posé ses bagages au Petit Lion, devenu leur bureau. « Ici, c’est le paradis des arrangés. Si vous êtes normal, ne franchissez pas la porte. C’est pour les gens normaux qui sont différents. »

Comment se passe la cohabitation, le week-end ? Étienne est catégorique. « Le dimanche, je ne viens plus. Les patrons doivent faire leur caisse, ils la feront sans moi. Je ne vais pas aller au comptoir avec des gens qui boivent de la bière le petit doigt levé. » La président du Parti indépendantiste des Marolles regrette l’effacement progressif de la culture populaire au profit d’un public plus aisé, plus huppé, qui « dénature les Marolles ».

Paul, quant à lui, n’est pas un habitué, mais trouve dans l’établissement « beaucoup de poésie ». Il a connu le Petit Lion un peu par hasard. « On a vu en passant qu’il y avait beaucoup d’animation, de la buée sur les vitres. Apparemment c’était l’anniversaire de Lulu, qui habite dans le quartier. Mais paraît-il que ça faisait déjà huit jours qu’il fêtait son anniversaire. »

Un café qui s’est transformé en beuverie collective pour le groupe de Français et les habitués, qui n’ont pas hésité à rire des « frouzes ». « On s’est fait tacler les trente premières secondes de notre arrivée. Mais finalement, Lulu a dansé un slow avec ma pote, sur Mike Brant. Un mec m’a même fait un plan sur une feuille pour savoir où était la maternité dans laquelle il est né à Bruxelles, il y a 60 ans. »

Les Marolles, entre gentrification et résistance
Le marché aux puces de la place du Jeu de Balle est ouvert 365 jours par an. © Aline Leroy
Andrzej Krzyszton, lui aussi, fréquente Le Petit Lion. Ce Saint-Gillois connaît bien le quartier des Marolles. Pour cause, il travaille depuis plusieurs années à l’Union des Locataires Marollienne (ULM), une asbl qui vient en aide aux personnes éprouvant des difficultés à se loger. « Ce n’est pas la crise du logement, c’est la crise du logement abordable », explique-t-il, en se baladant sur la place du Jeu de Balle. Le problème est bien là : il y a suffisamment de logements, mais le prix des loyers ne cesse d’augmenter. Le quartier des Marolles est pourtant un quartier historiquement populaire. En effet, le revenu médian par habitant est d’environ 5.000 euros plus bas que la moyenne régionale. Le bâti du quartier compte 27% de logements sociaux, alors que la moyenne régionale est de seulement 7,2%. Aux Marolles, les habitants misent sur ces logements sociaux qui sont à un prix plus abordable. Dans ce côté de la capitale, la différence entre le loyer public et le privé varie de 54% : 670 euros pour un logement social contre 1.030 euros pour le privé, pour un appartement avec une chambre (en 2020). Andrzej Krzyszton est convaincu : cette crise du logement abordable s’est installée depuis un moment dans le quartier. « C’est un mode de production qui produit des inégalités », affirme-t-il.
Ce n’est pas la crise du logement, c’est la crise du logement abordable.
Pourtant, un Contrat de Quartier durable est en cours aux Marolles. « Ces Contrats de Quartier ont pour but, selon les termes malsains utilisés par les pouvoirs publics, de « revitaliser » les quartiers populaires, comme si les quartiers populaires étaient morts », ironise Andrzej Krzyszton, « on a besoin de les revitaliser, de les rénover pour les rendre plus attractifs et pour qu’il y ait plus de mixité sociale. » Mais dans un quartier comme celui des Marolles, plus de mixité se traduit souvent par l’arrivée de classes socioéconomiques supérieures. Ces dernières peuvent louer les logements privés à « prix d’or », ce qui a pour effet de mettre en difficulté les Marolliens plus précaires qui se trouvent contraints de s’éloigner du quartier. Pour Andrzej Krzyszton, « le rouleau compresseur est à fond » pour pousser la classe populaire vers la porte de sortie.

La cité Hellemans, à deux pas de la place du Jeu de Balle. © Aline Leroy

La gentrification : un phénomène à nuancer

Dans son article « Qu’est-ce que la gentrification ?, Mathieu Van Criekingen, enseignant-chercheur en géographie et études urbaines à l’Université libre de Bruxelles, décrit la gentrification comme une « transformation de la géographie sociale des villes, à savoir l’embourgeoisement de quartiers urbains d’habitat populaire. » D’après le géographe, ce changement est double et tout le monde n’en profite pas de la même manière. D’un côté, on assiste à la renaissance des anciens bâtiments en lieux chics et « branchés », et de l’autre, à une hausse des loyers et à une classe modeste qui perd du terrain.

À Bruxelles, le phénomène est « plus visible à certains endroits qu’à d’autres », explique Martin Rosenfeld, chargé d’études sur les questions d’urbanisme et de logement pour l’association Inter-Environnement Bruxelles. Le quartier des Marolles n’y échappe pas. Les espaces populaires résistent tout de même, « c’est un quartier très mixte, on ne peut pas dire que c’est un quartier pleinement gentrifié, mais il n’y a pas grand-chose qui est fait pour freiner cette dynamique », déplore Martin Rosenfeld. Aux Marolles, « il y a cette image de quartier qui a une âme. » Seulement, le sociologue s’inquiète : alors que la « nouvelle population » est sous le charme de l’authenticité du quartier, elle contribue, malgré elle, à la faire disparaitre.

L’association Inter-Environnement de Bruxelles insiste sur le fait que la gentrification n’est pas un phénomène à sens unique. Il ne s’agit pas uniquement de déplacer une population précaire au profit des plus favorisés. C’est également l’occasion de revoir les structures de l’espace public, et de les rénover. Penser la gentrification, c’est aussi trouver un juste milieu entre ces deux phénomènes, sans « culpabiliser les personnes qui, cherchant à se loger, se retrouvent « gentrificateurs ». »

 

Les Marolles : un quartier à l’identité forte

Martin Rosenfeld maintient qu’« il y a une identité très forte aux Marolles qui est présente depuis un demi-siècle. » Ses habitants, fiers, se revendiquent comme l’âme populaire de Bruxelles, particulièrement grâce à leur place emblématique du Jeu de Balle, là où on « échange du brol ».

La bataille de la Marolle

Été 1969. Les habitants de la Marolle – partie spécifique des Marolles composée des rues Montserrat, de la Prévoyance et des Prêtres – sont menacés d’expulsion. Le quartier doit être détruit dans le but d’y construire une extension du Palais de Justice de Bruxelles.

Un groupe de résistance, coordonné par l’abbé Jacques Van der Biest, se forme. Des slogans tels que « la Marolle aux Marolliens » sont scandés dans les rues. La mobilisation est fortement médiatisée, et, sous pression, le projet est abandonné en septembre 1969.

Les locaux organisent alors un enterrement symbolique du Promoteur, de son épouse Bureaucratie et de leur enfant Expropriation. La plaque commémorative de cette victoire marolienne trône toujours dans la rue Montserrat.

Pour en savoir plus sur cet évènement, voir le film historique de Pierre Manuel et Jean-Jacques Péché.

Plaque commémorative de la bataille de la Marolle, rue Montserrat. © Aline Leroy

 

Chaque année, à la place du Jeu de Balle, le Carnaval Sauvage marque la fin de l’hiver. C’est l’occasion d’accueillir le printemps en musique, mais surtout de revenir sur le procès du Promoteur emblématique de la bataille de la Marolle, en 1969. Cet évènement est ancré dans les Marolles, et entretient l’image d’un quartier authentique. Ici, les habitants « continuent de boire dans des bars très populaires », remarque Martin Rosenfeld, des bars comme Le Petit Lion.

 

 

 

 

« Au début, j’avais des a priori »
Stefan, un habitué du Petit Lion, discute avec Fanny, jeune Lilloise qui vient pour la deuxième fois. © Aline Leroy

La journée de travail est terminée. Une nouvelle population, plus jeune et « branchée », pousse la porte du Petit Lion. Parfois, ce mélange hétéroclite donne lieu à des échanges inattendus. « Benjam ? – Préjent ! », s’exclame Fanny, Lilloise de 36 ans qui vit depuis quelques mois à Bruxelles. Elle discute avec Stefan. Lui aussi, il adore François Damiens. Ils ne se connaissaient pas, mais se sont spontanément assis à la même table, en terrasse. La discussion va bon train.

« Ce qui est intéressant au Petit Lion, c’est qu’il y a plein de gens différents qui se confondent. C’est en ça que c’est hyper charmant », affirme Fanny. Son amie Ella, quant à elle, vient de la Côte d’Azur. Après avoir vécu plusieurs années en Californie, elle a décidé de poser ses valises à Bruxelles, il y a quatre ans. « Au début, j’avais des a priori. Je n’étais pas habituée à ce genre de bar », confie-t-elle, « mais on est tous là pour la même chose : boire un coup et rigoler. Je pourrais venir ici toute seule, et je m’y sentirais bien. Il n’y a pas la pression qu’on ressent dans d’autres bars. »

Une autre rencontre se crée à l’intérieur du café : Vincent retravaille son portrait, qu’il a tracé avec un mégot de cigarette en guise de fusain. Deux tables plus loin, un autre artiste, Jacques, s’active. Vincent, intrigué, se joint à la table de son voisin. La conversation s’enflamme. Vincent parle en faisant de grands gestes. « Ne frappez pas l’air comme ça ! Frappez plutôt avec les mots », lui conseille Jacques.

 

Vincent et Jacques, deux artistes, se rencontrent au Petit Lion. © Aline Leroy

 

Au Petit Lion, une seule règle : rester soi-même. Cette tendance à rechercher l’authenticité, observable dans l’entièreté du quartier des Marolles, divise. « Je viens ici car c’est authentique », déclare Matthias Vogeleer, « mais je me sens coupable, car j’ai l’impression que la présence de jeunes comme moi détruit cette authenticité. » Ces jeunes bobos ne sont d’ailleurs pas toujours bien accueillis. « Vous n’êtes pas d’ici, qu’est-ce que vous faites là ? », lance une habituée à Matthias et ses amis. Petite, blonde, démarche nerveuse, cette dernière se lève et quitte brusquement le café.

 

C’est quoi être un « vrai » ?

« On ne va pas perdre en authenticité », soutient Stefan, « le Petit Lion sera toujours fréquenté par des gens vrais. C’est juste que les mentalités évoluent. » Mais qu’est-ce qui rend un lieu authentique ? Pourquoi de plus en plus de personnes ont soif d’authenticité ? Et ça veut dire quoi, être un « vrai » ?

 

 

Le journaliste et essayiste Jean-Laurent Cassely s’est penché sur le problème dans son enquête No Fake. Selon lui, cette recherche de « vrai » a plusieurs origines. La cause principale est la société de consommation de masse elle-même. En effet, de nombreuses personnes ont peur de la conformité, ce qui a pour effet de générer une sorte de course à l’authenticité entre les individus. Cette quête est paradoxale : le retour aux sources reste ancré dans le monde moderne.

Par les gens qui le fréquentent, le Petit Lion symbolise les transformations sociales du quartier. Alors, peu importent les évolutions que pourrait connaître les Marolles, les clients fidèles du Petit Lion répondront « Préjents » !

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