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La planète se réchauffe dangereusement, à qui la faute ?

Usine industrielle, Allemagne - Foto-RaBe
Publié le 05-01-2022 par et
Du 1er au 13 novembre 2021 avait lieu la COP 26, à Glasgow en Ecosse. Les dirigeants mondiaux se sont retrouvés pour accélérer l’action en faveur du climat. Au même moment, dans les rues écossaises, des milliers de manifestants se sont réunis. Venus du monde entier, ils défilaient en scandant : “Qu’est-ce qu’on veut ? La justice climatique ! Et pour quand ? Pour maintenant !” Les manifestants ont réclamé des actes et ont pointé du doigt les dirigeants du monde et leurs promesses creuses…

Quelques définitions

Réchauffement climatique: phénomène global de transformation du climat caractérisé par une augmentation générale des températures moyennes et qui modifie durablement les équilibres météorologiques et les écosystèmes.

Développement durable: une façon d’organiser la société de manière à lui permettre d’exister sur le long terme. Cela implique de prendre en compte à la fois les impératifs présents, mais aussi ceux du futur, comme la préservation de l’environnement et des ressources naturelles ou l’équité sociale et économique.

Gaz à effet de serre (GES) : gaz qui absorbent une partie des rayons solaires en les distribuant sous la forme de radiations au sein de l’atmosphère terrestre. Phénomène appelé effet de serre. Plus d’une quarantaine de gaz à effet de serre ont été recensés. Les plus présents de notre quotidien sont : le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), l’ozone (O3) et le protoxyde d’azote (N20).

Énergie fossile: énergie dont les réserves se sont constituées il y a des millions d’années par décomposition sédimentaire de matériaux organiques. Des réserves non renouvelables, car elles ne peuvent être reconstituées qu’à des échelles de temps géologiques. L’énergie fossile englobe le pétrole, le gaz naturel et le charbon.

Énergie renouvelable : Ensemble de moyens de produire de l’énergie à partir de ressources illimitées, disponibles sans limite de temps ou reconstituables plus rapidement qu’elles ne sont consommées. Il existe l’énergie solaire, éolienne, hydraulique, biomasse, géothermie.

Selon la série d’études publiée en août 2021 dans la revue Elements de 500 scientifiques regroupés au sein du Deep Carbon Observatory, c’est 100 fois plus que l’ensemble des volcans de la planète.

Et selon le rapport 2021 du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la terre se réchauffe plus rapidement que prévu. Depuis l’ère préindustrielle, les températures ont augmenté d’environ 1,1°C.

Le dernier rapport du GIEC indique que les pays ne réduisent pas assez leurs émissions de GES, et que le réchauffement risque de dépasser les 3°C, avec des conséquences irréversibles pour l’humanité.

Aujourd’hui, une bonne majorité des citoyens ont intégré les impératifs climatiques : il faut contenir la hausse des émissions de CO2. Mais en réalité, d’où proviennent ces gaz à effet de serre ?

Un demi-siècle aux répercussions dramatiques

Dans l’ensemble, les émissions mondiales de CO2 augmentent depuis 50 ans. Entre 1970 et 2018, elles ont plus que doublé, passant de 15 à 37 milliards de tonnes par an. On remarque également un léger ralentissement entre 1990 et 2000, pour ensuite grimper en flèche.

Made with Flourish

Avec l’apparition du Covid-19, il est encore trop tôt pour voir le réel impact de la crise sanitaire sur les émissions de CO2 dans le monde. D’après une étude de scientifiques du Global carbon projet publiée en mai 2020 dans le mensuel Nature climate change, elles ont diminué de 7 % pendant le confinement. Ils démontrent cependant qu’en mai 2021, le taux de CO2 a atteint sa valeur la plus élevée en 4 millions d’années.

Il est important de rappeler que : face au réchauffement climatique, les pays pauvres sont plus vulnérables. Pour des raisons géographiques, les effets du réchauffement climatique sont plus rapides et plus intenses dans les régions situées aux basses latitudes. Les difficultés économiques, politiques et la volonté de domination des puissances mondiales qui rendent les pays en voie de développement vulnérables les plongent dan l’incapacité de répondre aux effets du changement climatique ; par exemple par la construction de digues (lutter contre les inondations) ou de système d’irrigations (lutter contre la sécheresse). Bien souvent, à la pauvreté s’ajoute une mauvaise gouvernance des pays (corruption). Et comme le rappelle Romain Weikmans, chercheur en affaires internationales et spécialiste des questions climatiques au Centre d’Études du Développement Durable de l’Université Libre de Bruxelles, « historiquement, les pays pauvres sont très peu responsables du réchauffement climatique ».

Surproduction de CO2 : les secteurs en cause

Ce n’est pas un secret, les émissions de CO2 dans l’atmosphère sont liées à l’activité humaine. Cependant, tous les secteurs ne relâchent pas les mêmes taux de dioxyde de carbone dans l’air, certains sont beaucoup plus polluants que d’autres.

Made with Flourish

Le domaine le plus polluant

En 2018, la production d’électricité est le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre. Qu’elle soit créée à partir d’une centrale thermique, nucléaire, ou encore d’énergies renouvelables, l’électricité représente 41% du total des émissions dues à la combustion d’énergie. Le chiffre représenté dans le graphique prend en compte la totalité du CO2 émis lors de la production de l’électricité, mais aussi pendant la construction et le démantèlement de ses différents modes de production. En effet, en fonction des technologies employées, la production d’électricité est plus (charbon) ou moins (énergies renouvelables) polluante.

  • Les centrales à charbon produisent près de 40% de l’électricité mondiale et sont responsables de 73% des émissions liées à notre consommation d’électricité.
  • Les centrales nucléaires, quant à elles, émettent très peu : 6 grammes de CO2/kWh. Mais leur usage reste très controversé, selon Romain Weikmans. Il confirme que ces centrales produisent moins de gaz à effet de serre que les autres centrales thermiques, mais il ajoute que « les déchets radioactifs sont très difficiles à gérer, il y a des risques de prolifération nucléaire. Ils peuvent être utilisés à des fins terroristes ou militaires. » C’est pour cette raison que l’Allemagne et la Belgique sont sorties de l’énergie nucléaire, à contrario de la France.
  • En ce qui concerne les énergies renouvelables, les parcs solaires photovoltaïques ont un facteur d’émission de 56 grammes de CO2 par kWh, et les parcs éoliens ont un taux d’émission évalué entre 14 et 15 grammes de CO2 par kWh. Des chiffres qui sont donc plus que acceptables ! Mais les énergies renouvelables ne représentent que 17,9% du total de la production énergétique mondiale, il y a encore des progrès à réaliser.
  • Les usages numériques ont également un rôle important dans la consommation d’électricité. Au niveau mondial, Internet recouvre plus de 9 milliards d’équipements et 45 millions de serveurs dans le monde. Ils sont responsables de près de 10% de la consommation d’électricité globale. En 2016 par exemple, les réseaux de télécommunications et data centers du monde entier ont consommé l’équivalent de la consommation d’électricité française la même année. D’après l’ONG Greenpeace, c’est la fabrication des outils informatiques tels que les tablettes, ordinateurs ou smartphones qui consomme le plus d’énergie. La chaîne de production de ces appareils fonctionne aux énergies fossiles. Par exemple, pour produire un téléviseur de 11 kilos, il faut extraire 2,5 tonnes de matières premières, ce qui génère 350 kg de CO2. C’est autant qu’un aller-retour Paris-Nice en avion !

Se déplacer pollue !

Voiture, avion, bateau, train et même les trottinettes électriques ! Dans le monde, les transports sont les seconds émetteurs de CO2 : ils totalisent 25% des émissions planétaires. Le bilan carbone des transports reste bien sûr très différent en fonction des véhicules analysés. Pour mieux comprendre, il faut comparer l’empreinte carbone des différents modes de transport, c’est-à-dire combien de CO2 émis par kilomètre, par passager ? Tout en prenant en considération différents facteurs tels que le modèle du véhicule, son pays de fabrication ou encore sa durée de vie.

  • L’avion consomme entre 145 à 285 grammes de CO2 par passager par kilomètre parcouru. C’est le mode de transport le plus polluant du monde.
  • Un ferry consomme 267 grammes de CO2 par kilomètre.
  • La voiture émet entre 100 à 150 grammes de CO2 par kilomètres et par passager. Bien sûr, selon les critères (<ivéhicule vieux ou neuf, type de carburant</i) les résultats sont variables.
  • Le train qui passe par des lignes à grandes vitesses</b, donc qui avance à 320 km/h, consomme 2,4 grammes de CO2 par kilomètre. C’est le transport qui consomme le moins, mais moins le train est rapide, plus il consomme.

Construire des villes… L’addition se paie en millions de tonnes

Le bilan carbone du bâtiment n’est pas des moindres. Sa mauvaise place dans le classement permet d’évaluer sa dépendance aux combustibles fossiles. Les entreprises chargées de la construction des fondations, du soubassement, de l’assainissement, de l’élévation des murs, de la toiture, de la charpente et parfois des menuiseries extérieures sont très exposées à la contrainte carbone. Ce sont donc les secteurs de la métallurgie, de la chimie, ou de la fabrication de minéraux non métalliques comme le ciment, la chaux ou le verre qui utilisent le plus les combustibles fossiles et rejettent beaucoup de gaz à effet de serre. En général, leur activité induit entre 500 et 750 kg de CO2 par euro de chiffre d’affaire.

Nos conforts encrassent la planète

Les émissions du secteur résidentiel concernent les consommations d’énergie des logements. Ce secteur comptabilise dans son bilan carbone la manière de se chauffer, de s’éclairer, l’utilisation de l’eau chaude sanitaire, l’utilisation d’appareils électroménagers comme un frigidaire, une plaque à induction, une machine à laver…

Le chauffage et la clim restent les principaux postes émetteurs de CO2 dans le monde. De ce fait, les émissions du secteur résidentiel dépendent beaucoup des conditions climatiques. Elles baissent quand les températures sont douces et augmentent quand le climat est plus rigoureux

Cependant, l’Organisation des nations unies (ONU) a déclaré en 2015 lors de la COP21 que des gains d’efficacité énergétique ont été accumulés dans les domaines du chauffage et de l’éclairage. Il y a une hausse du recours aux énergies propres (renouvelables) pour alimenter bureaux et logements. Mais le combat est encore loin d’être gagné… Pour se chauffer, la majorité de la planète utilise toujours les énergies fossiles.

Manger bien, jeter moins !

En ce qui concerne l’agriculture et la gestion des déchets, le CO2 n’est pas le gaz à effet de serre le plus diffusé dans l’air. Bien sûr, les tracteurs et machines agricoles rejettent du CO2 dans l’atmosphère, mais comme le présente le graphique, ce n’est qu’à un faible niveau comparé aux autres secteurs évalués ci-dessus (4%). Cependant, l’agriculture et les déchets humains émettent d’autres gaz à effet de serre qui sont très nocifs pour l’écosystème : le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N20).

Le protoxyde d’azote, qui est lui 310 fois plus réchauffant que le dioxyde de carbone, est émis à cause de la transformation de produits azotés dans les sols agricoles comme l’engrais, le fumier ou encore le lisier…

Les émissions liées à l’agriculture et à l’élevage augmentent avec la hausse de la production agricole dans les pays en développement qui ont une forte population et qui exportent leurs productions. Comme l’Inde ou la Chine par exemple. De ce fait, une disparité Nord-Sud se manifeste : les pays du Sud émettent principalement du méthane (CH4), à cause de l’élevage, de la gestion des déchets et de la culture du riz. Tandis que les pays du Nord laissent plutôt s’évaporer du protoxyde d’azote (N20) avec l’utilisation d’engrais en masse pour cultiver soja et céréales qui servent à nourrir les bovins, en plus des rejets liés à leurs déjections.

Malgré ces émissions importantes, l’agriculture peut contribuer à atténuer le changement climatique. Les rejets de GES agricoles s’intègrent malgré tout dans un véritable processus biologique. La spécificité de l’agriculture est sa capacité à stocker du carbone, mais aussi produire de la biomasse pour des énergies renouvelables, des biomatériaux utilisés dans le domaine du textile par exemple, ou de la chimie verte, qui a notamment servi à fabriquer la synthèse de l’anti-douleur Ibuprofène…

50 ans de négociations

Cette carte interactive recense les émissions de CO2 en millions de tonnes dans le monde en 2019. Sa lecture permet d’évaluer, en comparant les rejets de dioxyde de carbone de chaque pays avant la crise du coronavirus, quels sont les états du monde qui polluent le plus l’atmosphère.

 

Sont pris en compte dans ce classement ceux qui ont rejeté plus de 500 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. En première position se trouve la Chine, avec 10,4 milliards de tonnes. Viennent ensuite les Etats-Unis, avec 5,2 milliards de tonnes de CO2 rejetés en 2019. En troisième position suit l’Inde, qui émet 2,5 milliards de tonnes. La Russie suit avec 1,6 milliards de tonnes de dioxyde de carbone émis dans l’air. Le Japon est le dernier à émettre des tonnes de CO2 qui se comptent en milliards, avec 1,1 milliards de tonnes d’émissions dans l’atmosphère. Ce TOP 5 des mauvais élèves pollueurs de la planète est suivi par l’Iran, avec 733 millions de tonnes de gaz à effet de serre produit en 2019, puis l’Allemagne et ses 711 millions de tonnes se place en position de pays le plus pollueur de l’Europe. L’Indonésie fait aussi partie de ce classement des mauvais élèves, avec, en 2019, 660 millions de tonnes de dioxyde de carbone rejetées dans l’atmosphère. L’Arabie Saoudite est le dernier pays dans le monde à émettre plus de 500 millions de tonnes de CO2, avec une émission de 622 millions de tonnes en 2019.

Cette carte permet de de pointer du doigt les pays qui rejettent le plus de CO2. Mais au-delà de les nommer, il est important de savoir si les gouvernements mondiaux essaient de réduire leurs émissions de CO2. Si c’est le cas, quelles sont leurs stratégies ? La sélection de quelques grandes dates permet de comprendre de quelle manière les dirigeants gouvernementaux tentent d’instaurer des règles et des financements qui servent à épargner l’environnement.

C’est dans les années 70 que les questions écologiques se sont hissées au rang international. Le monde commence à s’alarmer des répercussions de l’industrialisation et tente d’amorcer des solutions pour réduire l’impact environnemental de l’homme sur la planète. Encore aujourd’hui, négociateurs et gouvernants des pays des nations unies se retrouvent chaque année aux côtés de scientifiques, syndicats, entreprises, associations d’environnement et de développement ou encore de différentes collectivités territoriales pour discuter des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs climatiques qu’ils se fixent depuis cinquante ans.

Il y a également une question de justice assez présente au sein du débat climatique. Monsieur Weikmans, spécialiste des questions climatiques au Centre d’Études du Développement Durable de l’Université Libre de Bruxelles, le rappelle : « les pays riches ont une responsabilité particulière ». Ils ont émis beaucoup de promesses quant au financement climatique (les ressources financières mobilisées pour financer des actions dans l’atténuation et l’adaptation aux effets des changements climatiques). Ils sont tenus d’aider les pays les plus pauvres à lutter. Ils devaient, à la suite de la COP 2015, réussir à mobiliser 100 milliards d’euros par an prévu à cet effet. Ils n’ont pas atteint l’objectif.

Le graphique en barres ci-dessus démontre que malgré les accords des Nations Unies pour préserver l’environnement entre 1970 et 2018, les émissions de CO2 ont réellement augmenté ces cinquante dernières années aux quatre coins du monde.

Dans ce top 6 (Japon, Russie, Etats-Unis, Chine, Inde et Europe), nous constatons, en 1970, que l’Inde et la Chine n’auraient même pas dû entrer dans ce classement des mauvais élèves. En comparant leur CO2 rejeté avec celui de l’Europe ou des États-Unis, leurs émissions étaient beaucoup moins importantes. Pourtant, en 2018, il est évident que la Chine est de loin le premier émetteur de dioxyde de carbone, devant les États-Unis, avec 11,2 millions de tonnes de CO2 rejetées dans l’atmosphère en 2018. Comment expliquer cette réjection exponentielle ?

On observe, grâce à nos graphiques précédents, que la majorité du dioxyde de carbone émis dans l’atmosphère provient des centrales thermiques. Aujourd’hui, la Chine est le pays le plus pollueur du monde car il est en plein développement : des villes immenses se construisent et des usines à charbon marchent à plein régime pour fabriquer des produits qui se vendent et s’exportent dans le monde entier. Vu que le charbon est l’énergie fossile qui, utilisée en centrale, produit le plus de CO2, il est désormais facile de comprendre que la Chine est en tête du classement des pays qui rejettent le plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Il en va de même pour tous les pays en développement, les pays dits “du Sud”. C’est pour cette raison qu’ils ont été évincés des accords qui concernent la préservation de l’environnement ces dernières décennies. Notamment quand le protocole de Kyoto a été mis en place, le 11 décembre 1997.

L’objet n’est pas de pointer du doigt la Chine et de faire du « naming and shaming ». Si la Chine est une sorte « d’usine du monde », c’est aussi parce que les habitants des pays développés ont des modèles de consommation effrénés, une consommation encouragée par les dirigeants politiques depuis la Seconde Guerre Mondiale. </spanA Pékin se discutent des solutions pour réduire l’impact environnemental du pays. Mais les progrès liés aux émissions de carbone sont régulièrement entravés par les industriels du charbon et par des politiques publiques qui favorisent une croissance rapide, au détriment de l’environnement. De ce fait, la Chine s’est prononcée : elle atteindra le pic de ses émissions carbonées d’ici à 2030.

Le 16 juillet 2021, le gouvernement chinois a rejoint le groupe de pays (Europe, Corée du Sud, Australie, Royaume-Uni, États-Unis) qui dispose d’un marché carbone, outil crucial pour l’aider à réduire les rejets de GES. L’état s’est donc engagé à atteindre la neutralité carbone à horizon 2060. Depuis, le nouveau marché de la Chine oblige les entreprises à réduire leurs émissions polluantes, sous peine de subir des pertes économiques. Ce système permet aux autorités des provinces chinoises de fixer des quotas pour les centrales thermiques, et permet aux entreprises énergétiques de s’échanger des droits de polluer. Le fait de fixer un prix aux GES permettrait d’augmenter le coût des émissions polluantes, et donc d’inciter les entreprises à les limiter. Si les limites ne sont pas respectées, l’entreprise doit payer des amendes.

L’efficacité de ce quota carbone suscite quand même un questionnement à échelle internationale… À l’origine, le dispositif mis en place par Pékin devait avoir une portée couvrant sept secteurs, dont l’aviation et la pétrochimie. Pourtant, le gouvernement a revu ses ambitions à la baisse en accordant la priorité à la reprise économique post-Covid. Seules les entreprises qui font partie du secteur de la production d’électricité sont concernées par cette taxe carbone. Comme argument, la capitale économique chinoise fait valoir que le marché carbone est encore balbutiant et que les cimenteries et certains producteurs d’aluminium pourraient être ajoutés à la liste l’an prochain. De loin le premier émetteur du monde, le pays doit transformer en profondeur son économie, puisque le charbon représente encore 57,7% de son bilan énergétique.

Pour participer à la réduction des émissions de GES au niveau international, la Commission européenne veut soumettre progressivement un mécanisme d’ajustement carbone à ses frontières. De ce fait, les importations les plus polluantes de l’Union Européenne seront soumises aux mêmes règles que celles imposées à la production locale. Ce projet prévoit de taxer les entreprises qui importent des produits comme l’acier, le ciment et l’électricité… Vous pensez bien que la Chine est opposée à cette idée de taxe carbone aux frontières de l’Europe. Le pays d’Asie de l’Est défend que ce plan viole les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), et prévient l’UE que l’industrie européenne verrait ses coûts décupler.

En conclusion, les pays riches polluent moins qu’avant mais sont tout aussi responsables (voir plus) du réchauffement climatique que les pays pauvres. Les impacts climatiques différents selon les zones géographiques, et toucheront toujours « plus l’agriculteur au Sénégal que le banquier à New York » le rappelle Mr Weikmans. Les différentes réunions mondiales ont des résultats sont souvent frustrants, mais elles sont « indispensables ». « Ce que l’on peut faire de mieux en vue du contexte actuel », souligne Romain Weikmans. Le monde est un ensemble avec des pays très différents aux intérêts tous aussi différents. Il n’y a pas de police mondiale qui pourrait contraindre les pays à modifier leurs politiques. Cependant, des ensemble riches comme l’Europe bénéficient de leviers importants pour faire bouger les choses.

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