Mélenchon, l’Insoumis imprécis

22-12-2016   Décodage

Jeudi dernier, Jean-Luc Mélenchon a publié sa « revue de la semaine  » sur sa chaîne YouTube. Dans son analyse hebdomadaire, le candidat à la présidentielle française a notamment abordé la COP21. Entre sous-entendus et déclarations approximatives, retour sur son analyse.

 

« Il y a quelque chose qu’il faut que vous sachiez à propos des textes internationaux, c’est le rôle du conditionnel et le rôle de l’impératif. Suivant si c’est should ça veut dire ce sera comme ça et pas autrement, et would ce sera comme ça peut-être. Alors chaque fois que vous voyez would, vous êtes sûrs que vous êtes en train de vous faire avoir […]. Et c’est ce qui c’est produit avec la COP 21 et les nords américains. »

FAUX

En s’attaquant au texte de Paris, Jean-Luc Mélenchon dénonce le manque de contrainte de ce texte. Or, après vérification de l’accord de Paris auquel il fait référence, on peut constater que ces déclarations sont fausses. Dans la version anglaise, le texte comporte 36 fois le mot should et seulement 2 fois le mot would.

Should et would
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Il déclare également que le texte a été adopté d’une manière différente selon la Chine et les États-Unis. Il sous-entend que l’accord de Paris est modifié au sein de chaque pays. C’est également faux car tous les pays ont adopté le même accord international avec les mêmes contraintes.

 

« L’accord signé à la COP21 est de réduire de 2°C la progression du réchauffement climatique. Naturellement à 2° ce n’est pas fameux, parce que à 1,5°C il y a déjà un paquet de pays qui disparaissent sous la flotte. »

Vrai mais …

En effet, une augmentation du réchauffement climatique de 1,5°C aurait déjà des impacts néfastes sur l’environnement. Cette augmentation est évaluée par rapport à la période préindustrielle. Il faut savoir que depuis 1750, la température a déjà augmenté de plus ou moins 1°C. Marine Lugen, doctorante en développement durable, confie que « cet objectif tient de la survie pour les États insulaires ».

Cependant, la COP21 a donné la voix à ces pays et « ils ont réussi à faire passer l’augmentation de 1,5°C dans le texte comme un objectif à valeur symbolique ». Marine Lugen continue en disant que « l’introduction du 1,5°C à Paris était vraiment une nouveauté, que c’était très inattendu ». L’accord de Paris demande 2°C car des pays comme l’Arabie Saoudite n’auraient jamais accepté le 1,5°C proposé.

Domitille Masse et Élodie Métral

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