« Les racistes sont tous les mêmes » : la campagne qui choque

23-11-2017   Magazine

Une nouvelle campagne contre le racisme a débuté lundi à Bruxelles. Au programme : des affiches résolument choquantes qui ont pour but de sensibiliser.

Trams, bus, métros : c’est tout l’espace urbain qui sera bientôt touché. L’initiative, portée par la secrétaire d’Etat bruxelloise à l’Égalité des chances, Bianca Debaets, a pour objectif de conscientiser le citoyen en éveillant sa curiosité.

Basée sur l’inversion des stéréotypes, la campagne tire sa force et son originalité de sa collaboration avec deux humoristes, Kody Kim et Erhan Demirci. « Ils sont connus, d’origine étrangère, et le fait que eux-mêmes évoquent le sujet en l’attaquant de manière inversée, c’est d’autant plus frappant » explique Pierre Migisha, porte-parole de Bianca Debaets. Les deux hommes alimenteront leurs comptes Facebook et Instagram de vidéos sketchs : un moyen efficace de toucher directement les plus jeunes.

@kody_kim teste le racisme ! Luttons tous ensemble contre les mécanismes de pensées automatiques. #equalbrussels #reacttoracism #discrimination #bruxelles #stopracism #kody #humoriste #racismeequitable

Une publication partagée par React to Racism_Brussels (@react_to_racism_brussels) le

Bruxelles est une ville cosmopolite composée de plus de 170 nationalités, un nombre en augmentation constante. Ceci explique, selon Pierre Migisha, que « la problématique » du racisme y soit « très présente ».

Population par nationalités/continents – Bruxelles 2016 (StatBel)

« Malheureusement, on doit faire face à des comportements discriminants  » regrette le porte-parole. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2016, parmi les 2059 dossiers ouverts par le centre de lutte contre la discrimination Unia, 698 – soit 33 % – concernaient des critères « raciaux ». De nombreux secteurs sont concernés.

Discriminations « raciales » par secteurs – 2016 (Unia)

Cette nouvelle campagne s’inscrit dans un ensemble de processus contre le racisme mis en place dernièrement aux niveaux régional et fédéral mais également dans le secteur associatif bruxellois. Pierre Migisha s’en réjouit : « On ne peut pas tout régler mais on ne peut pas non plus rester les bras croisés […] C’est lent mais on est persuadé qu’on avance dans ce domaine. Je pense que ça ne peut être que positif » affirme-t-il.

Crédit photo : Maureen Vanverdegem

Ecole Universitaire de Journalisme de Bruxelles - ULB © 2020