La SNCB avance vers une mobilité adaptée à tous

04-02-2016   Magazine
Depuis ce 1er février, la SNCB met à disposition des personnes à mobilité réduite un service d’assistance gratuit. Le délai de réservation est dorénavant de trois heures avant l’embarquement au lieu du délai de 24 heures qui était imposé jusque-là. Bien que cette mesure soit présentée par la SNCB comme un grand pas en avant, les associations et personnes à mobilité réduite ne voient pas cela du même oeil.


La gare de Bruxelles-Central présente de nombreux obstacles pour les personnes à mobilité réduite. Credits photo : Marie Rigot

Descendre les escaliers, monter dans le train,… tous ces gestes peuvent sembler faciles pour la plupart, mais ne le sont en réalité pas pour un grand nombre. Une gare peut vite se transformer en cauchemar pour les personnes à mobilité réduite. C’est pour les aider au mieux que la SNCB a ajusté son service depuis ce 1er février. Alors qu’auparavant, les personnes ayant besoin d’une aide pour monter dans le train devaient réserver ce coup de main 24 heures avant leur voyage, elles n’auront plus qu’à le faire trois heures à l’avance désormais. Mais, attention, cela ne vaut que dans 18 gares du pays.

Une répartition assez inégale

Les 18 gares dans lesquelles le délai de 3 heures est d’application sont les suivantes : Charleroi-Sud, Liège-Guillemins, Mons, Namur, Bruxelles-Central, Bruxelles-Nord, Bruxelles-Midi, Anvers-Central, Bruges, Denderleeuw, Termonde, Gand-Saint-Pierre, Hasselt, Courtrait, Louvain, Malines, Ostende et Saint-Nicolas. Il n’y a donc que 4 gares wallonnes pour 11 gares flamandes et 3 bruxelloises. Comment expliquer cette répartition plus qu’inégale ? La SNCB déclare qu’il s’agit là des gares où le personnel est suffisant pour assurer un tel service, des gares fort fréquentées. Mais pour Vincent Snoeck, président du CAWaB (Collectif Accessibilité Wallonie Bruxelles), “ces nouvelles dispositions vont dès lors n’avoir qu’un impact restreint pour les personnes à mobilité réduite en Wallonie, explique-t-il, même en Flandre, vu le nombre énorme de gares, ce n’est pas 11 gares qui vont changer grand chose”.


11 gares flamandes, 4 wallonnes et 3 bruxelloises sont touchées par les changements du 1er février à la SNCB. Credits map : Marie Rigot

Des améliorations dans le futur ?

Les associations visant à une meilleure mobilité sont partagées. “C’est une avancée positive mais l’amélioration sera réellement significative quand il ne faudra plus réserver à l’avance cette aide à l’embarquement et que le dispositif sera étendu dans un plus grand nombre de gares”, déclare Virginia Lipuma, chargée des relations publiques à l’AViQ (Agence pour une Vie de Qualité). Une assistance sans réservation serait bien entendu idéale selon Vincent Snoeck mais il ne serait peut-être pas nécessaire d’en arriver là si l’on commençait par uniformiser la hauteur des quais. “On a trois hauteurs de quai différentes en Belgique, certains trains sont adaptés à une certaine hauteur et donc il faut parfois véritablement escalader pour embarquer, cela n’est pas possible pour tout le monde”, regrette ce dernier. Quoi qu’il en soit, bien que les associations se réjouissent que soient enfin mis en place plus de dispositifs à destination des personnes à mobilité réduite, le milieu reste réaliste et garde en mémoire que la route est encore longue avant d’arriver à une mobilité adaptée à tous.

 

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