Portrait : Bernie Sanders, le candidat américain « socialiste » qui crée la surprise

04-02-2016   Magazine
Bernie Sanders, 74 ans, est sénateur de l’État du Vermont. Perçu comme un « outsider », il est aujourd’hui un véritable « challenger », talonnant de très près la candidate démocrate Hillary Clinton. Portrait d’un militant à la conquête du public.

49,6 %. C’est le score inattendu réalisé par Bernie Sanders lors du caucus de l’Iowa, le 1er février. De 0,2 points d’avance, Hillary Clinton a finalement remporté le comté de l’Iowa. Mais le score de Sanders sonne déjà comme une victoire de l’aile gauche du Parti démocrate. Un cataclysme politique. Le candidat est désormais pris très au sérieux par les Démocrates et ses adversaires Républicains. Comment expliquer ce succès fulgurant ? A l’instar d’un Corbyn, d’un Tsipras, ou du mouvement Podemos en Espagne, Bernie Sanders se veut « proche du peuple ». Au pays où le mot « socialisme » est un gros mot, le candidat apparaît de prime abord comme un ovni politique. Hippie dans sa jeunesse, le sénateur démocrate a tout d’abord milité contre la Guerre du Viêt-Nam. Défiant les lois du genre, il intègre le Liberty Union Party, une formation pacifiste militant pour un socialisme non violent. L’Obs a compilé ses 10 déclarations les plus fracassantes :

Les jeunes séduits par « le papy »

L’âge de Bernie Sanders ne semble pas être un frein à son succès. Il apparaît comme le candidat le plus plébiscité auprès des moins de 35 ans. Près de 3 électeurs sur 4 ont voté pour Sanders lors du caucus de l’Iowa. Une chercheuse de l’UCL, spécialiste de la politique nord-américaine (souhaitant garder l’anonymat) estime que Bernie Sanders pourrait créer un précédent en Amérique, à l’instar des dernières surprises électorales britanniques, grecques et espagnoles. « Bernie Sanders est une exception au sein de la classe politique américaine  », déclare-t-elle. A cela, il faut ajouter une campagne de communication bien rodée, surfant sur la vague du « peuple  » contre les « puissants  ».  Le point levé, Bernie Sanders adopte une attitude modeste, parlant du «  nous  » et non de lui.

Bernie has said it since day one : He can’t do this alone. #NotMeUs Une photo publiée par Bernie Sanders (@berniesanders) le

 

Favori dans le New Hampshire

Le capital sympathie de cet acteur politique iconoclaste devra subsister durant les 278 jours suivants, jusqu’au 8 novembre, jour de l’élection. Le prochaine comté à voter sera le New Hampshire, et Bernie Sanders est d’ores et déjà donné largement en tête. Le Parti démocrate arrive-t-il a surmonter l’offensive médiatique du républicain Donald Trump ? Les élections américaines réservent, souvent, bien des surprises…

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