Réginald : Le droit au logement pour tous, sans limites !

01-12-2016   Magazine

Réginald de Podesta de Waleffe, Secrétaire et administrateur de l’ASBL 123 Woningen

Crédit photo : Milan Berckmans

Cycliste militant, environnementaliste résolu, administrateur frénétique, Réginald de Potesta de Waleffe est aussi un des piliers du « 123 » : la joyeuse communauté qui occupe et anime l’un des larges bâtiments de la rue royale, en plein centre de Bruxelles.

Rencontré la veille au soir lors de la « Rehab » (Réunion des habitants) et une immersion passionnante dans le quotidien de cette occupation libertaire et excentrique, Réginald m’accueil ce midi dans sa grande chambre, au deuxième étage de l’immeuble.

Les yeux encore un peu rougi mais heureux que je lui ai laissé son quart d’heure académique, l’administrateur du 123 Woningen commence à m’expliquer le fonctionnement de l’ASBL tout en étalant du pâté sur une tartine grillée.

« Le droit au logement pour tous ! Et on se refuse aucun moyen pour y arriver ! »

La mission du « 123 », c’est « Le droit au logement pour tous ! » dit-il, « (…) et on se refuse aucun moyen pour y arriver  ».

Une attirance pour le côté romantique du squat

Pour Réginald, tout a commencé le 11 septembre 2005 avec l’ouverture de « Chez Henri », un squat près de le place Flagey qui organise des tables d’hôtes, des débats, des projections, des expo, des concerts, des fêtes ; En dix mois, il découvre tout un « univers  » et fait plein de belles rencontres autour du squat.

Déçu par son expérience politique qui se traduit par une dissidence vis-à-vis d’Ecolo et le mouvement politico-politique « vélorution », Réginald décide de déplacer son énergie de jeune engagé vers la problématique du logement.

Le 123, un vrai projet d’occupation

Poussé par le petit monde de l’occupation, il rejoint le projet « 123 » à ses débuts en 2007, et découvre un squat pas comme les autres : grâce au contrat d’occupation temporaire conclu avec la Région Wallonne, propriétaire des lieux, un groupe hétérogène de citoyens s’installe dans le bâtiment. L’endroit, il le décrit comme « Rock N’Roll », avec des « spécimens » et une ambiance parfois tendue.

Au fil des ans, l’ASBL 123 Woningen -soutenue par la Febul et d’autres acteurs sociaux- grandit. Les participations des habitants deviennent de plus en plus importantes, jusqu’à permettre à l’ASBL de soutenir financièrement les projets de ses résidents.

Crédit photo : Milan Berckmans et Réginald de Podesta de Waleffe

Toutes sortes d’activités fleurissent, à base de récup’ et de prix libre : les ateliers vélo les mardi, jeudi et dimanche, les tables d’hôtes et l’épicerie -également les dimanche-, les soirées « chaudière » les deuxièmes vendredi du mois dans le « Bokal Royal » ou le Souk, un marché de créateurs et artisans. « Faire rayonner l’ASBL » m’explique-t-il en me servant une tasse de thé,« c’est aussi le but de ces activités ».

Un nouveau souffle dans l’occupation temporaire

Vers la fin de notre discussion, Réginald me confie que leur occupation du « 123 » a donné des idées à d’autres, et que plein d’associations voient le jour pour occuper des bâtiments laissés vacants à Bruxelles. Il me raconte que les jeunes de la Communa -une autre ASBL d’occupation- étaient venu le chercher pour des conseils et se sont lancés, avec une énergie folle, dans un projet du même genre.

L’occupation, pour lui, c’est une « galaxie » qui regorge d’idées innovantes, « le genre de lutte dans laquelle tu peux avoir un impact direct, concret », dit-il, loin des luttes contre les énergies fossiles ou le réchauffement climatique dans lesquelles, selon Réginald, « Il n’y a pas de rapport de force ». 

 « Le genre de lutte dans laquelle tu peux avoir un impact direct, concret »


Le Souk, l’un des évènements organisé par le « 123 » et partagé via Facebook.

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