Flambée du logement social, gèle du logement social !

19-10-2017   Magazine

Le baromètre social 2017, dernière étude de l’Observatoire de la santé et du social, relance la question du logement social pour la région Bruxelles-Capitale. La hausse de la demande des ménages pour un logement social s’accélère pourtant la création du parc de logement est à la traine.  L’étude met en exergue différents facteurs : la paupérisation de la population bruxelloise et l’augmentation des loyers des logements privés.

 

Une demande deux fois plus importante que l’offre ! C’est le constat présenté par le Baromètre social 2017. En effet, un peu moins de 49.000 ménages bruxellois sont sur liste d’attente pour un logement social, c’est 58 % de plus qu’il y a 10 ans !

« Seul la moitié des demandes des ménages sont satisfaites », l’équipe de l’Observatoire de la santé et du social

Alors que la demande d’accès pour les ménages à un logement social s’accroit d’année en année, l’offre en logement social diminue. Les chiffres de la Société du Logement en Région de Bruxelles-Capitale le démontrent : entre le 31 décembre 2014 et le 31 décembre 2015, le parc de logements a diminué de 132 habitations, et le nombre de logements occupés de 129 unités. La faute dû à des rénovations souvent lentes, tandis qu’un cinquième des ménages connaissent un problème de qualité important pour leur habitation.

L’allure des constructions de logement social freine également la prise en charge des ménages par les sociétés de logement social. Dés le début de l’année 2017, l’élue du PTB Mathilde El Bakri s’alarmait sur la lenteur des constructions, il faudrait 420 ans pour que les 44.000 ménages inscrits sur liste d’attente obtiennent un logement. En juin, l’élue PTB s’insurgeait encore une fois sur la reconversion d’un immeuble du CPAS.

La hausse de la demande en logement social s’exprime par la hausse des ménages sur liste d’attente avant radiation. 2016 est une année record puisque 9.651 furent radiés des listes. À l’heure actuelle ; il existe sept logements sociaux pour cent ménages à l’échelle de la Région. Ce pourcentage varie d’une commune à l’autre puisque le pourcentage le moins élevé se retrouve à Ixelles (3 %) tandis que le pourcentage le plus élevé figure à Watermaael-Boitsfort (18 %).

Afin de dynamiser la création de logement social, les Agences Immobilières sociales (AIS) souhaitent une partie du parc locatif privé. Cependant, ce secteur est trop limité pour avoir un impact significatif. Entre 2014 et 2015, on compte seulement 424 logement supplémentaire. C’est pourquoi, bien que la demande des ménages ne fait qu’augmenter et malgré les nouvelles constructions, le nombre de logements réellement disponibles continue pourtant à diminuer.

crédit photo : Société Immobilière de Service Public (SISP), Le Foyer Laekenois

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