La nouvelle campagne de la lutte contre le sida « dédramatise et informe »

30-11-2017   Magazine

Le 1er décembre, la Journée Mondiale de la lutte contre le SIDA fêtera son 29ème anniversaire. L’occasion pour les plateformes de prévention d’adresser au public un message lourd de sens.

« Il vit avec le VIH. Avec lui, je risque de… tomber amoureux ». Cette année, les slogans lancés par la plateforme « Prévention sida » mettent l’accent sur la non-discrimination et l’information. En Belgique, 16 000 patients séropositifs (chiffre communiqué par l’Institut de Santé Publique) doivent quotidiennement se heurter aux préjugés. 16 000 mains levées en signe de solidarité envers les patients atteints du VIH en Belgique, voilà le défi lancé pour éveiller les consciences.

Bien que les patients à charge virale indétectable ne soient pas contagieux, le sujet reste tabou, voire méconnu.  Que cela signifie-t-il ? « Sur base d’une prise de sang, on mesure chez nos patients ce que nous appelons la « charge virale ». Un patient dont la charge virale est inférieure à 50 copies/ml de sang est considéré comme indétectable. », déclare le Pr.J- Goffard de l’ULB, spécialisé dans les traitements d’immunodéficiences. L’objectif est de garantir à la personne une espérance de vie normale. Le patient peut avoir des rapports sexuels non protégés sans contaminer son partenaire, (0 % de risque d’après une étude de l’Institut Scientifique de Santé Publique) et donc, envisager d’avoir des enfants. En Belgique, c’est le cas de près de 90 % des sujets traités. La prévention et le dépistage jouent ici un rôle majeur : un patient diagnostiqué à temps aura un pronostic vital bien meilleur. L’époque des traitements lourds à effets secondaires est aussi révolue. La recherche avance chaque jour un peu plus.

La Belgique est aussi le troisième pays au monde à proposer aux patients la PrEP (profilaxie pré-exposition) : « il s’agit d’un traitement préventif qui diminuent de 86 % le risque d’acquisition du VIH. », explque le Pr. J-C Goffard.

Face à de telles avancées, ne risque-t-on pas de banaliser le VIH ? Peut-être que l’évoquer en toute simplicité, c’est déjà y remédier. Le 1er décembre sera également l’occasion de mettre l’accent sur le dépistage, car même si les chiffres vont en décroissant, on recense en Belgique près de 900 nouveaux cas chaque année. Plus d’informations ici.

Nombre annuel de nouveaux diagnostics de VIH, de sida et de décès rapporté, Belgique, 2000-2016.(Rapport VIH /sida 2016) Infogram

Crédit photo : torange.biz

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