Tomate, potiron et société

27-10-2016   Magazine
Entre pavés et résidences, c’est plus de deux hectares de nature qui restent installés sur l’avenue des Cailles de la commune de Watermael-Boitsfort. Et c’est ici, à l’orée de la capitale belge qu’ils se retrouvent ; pour cultiver et élargir leurs horizons.

En juin 2012, ce champ Boitsfortois devient le Jardin Collectif du Chant des Cailles, un projet de potager urbain. Les serres, les tables et les allées ont poussé et envahi le terrain vague d’il y a quelques années.

Partir de rien

Vu la taille du terrain, il a fallu s’organiser. Ce qui n’était au départ que quelques tables entretenues par les bénévoles s’est transformé en un marché ouvert, où 270 abonnés viennent récolter leurs propres légumes. Un travail collectif ? Oui ! Les abonnés viennent également s’adonner aux plaisirs du jardinage : ils aident les maraîchers ou s’amuse du côté du potager libre.

Crédit photo : Rabatel Charlotte

« Retrouver un vrai rapport avec la terre, les gens et la société »

Le travail de la terre devient un lien social et un lieu de rencontre. Cécile, qui s’occupe entre autres des moutons, nous racontera que le champ fait partie du quartier, notamment pour les pensionnés : «  Le dimanche ils viennent s’asseoir un moment au champ, au lieu de rester seul chez eux. Ils se retrouvent entre eux ».

Bottes aux pieds, ils se retrouvent autour d’un « manger mieux » unanime, pour créer l’environnement d’une société autonome. « Ce n’est pas simplement un souhait de manger bio » nous explique Luc, jardinier au champ des cailles, « c’est retrouver un vrai rapport avec la terre, les gens et la société ». C’est d’ailleurs de ça qu’il s’agit : de société. Bien plus qu’un panier bio, le concept apporte une nouvelle manière de vivre son quotidien. Le mot d’ordre c’est « consommer autrement », consommer mieux.

Le jardin du chant des cailles ne s’arrête pas aux tomates et aux potirons sans pesticide. Quand on écoute les bénévoles c’est bien plus qu’un retour à une alimentation saine : les acteurs du projet ont mis en place une épicerie participative, une production de fromage et de yaourt grâce au lait de brebis de l’élevage, un poulailler ou encore un compost.

Le but est de collaborer avec les acteurs du quartier – institutions, riverains, entreprises – pour choisir comment s’organisera la vie de demain, dans une communauté ouverte.

Crédit photo : Rabatel Charlotte

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